Publié le 12 juin 202643 min de lecture · l'essentiel en 2 minHPE · Minergie® · SIA 380/1 · RCI art. 56AUw · ψg · Position paroi · ITEMise à jour septembre 2026
Remplacement de fenêtres : la position dans la paroi compte plus que le vitrage
Les fenêtres sont souvent le premier chantier décidé — et le plus souvent décidé trop tôt. Choisir un triple vitrage Ug = 0,50 W/(m²K) puis le poser en tableau — dans l'embrasure, ce retour de paroi qui borde la baie — sans l'isoler et sans avoir arrêté la stratégie façade, peut doubler son pont thermique effectif. Ce dossier décrit les valeurs qui comptent vraiment — Uw, Ug, ψg —, pourquoi la position dans la paroi est le facteur décisif, et dans quel ordre valider les décisions avant de commander.
Un catalogue de fenêtres affiche un Uw — le coefficient global de la fenêtre entière, en W/(m²K). Ce chiffre est le résultat d'un calcul normalisé (EN ISO 10077-1:2017)EN ISO 10077-1:2017, « Performance thermique des fenêtres, portes et fermetures — Calcul du coefficient de transmission thermique — Partie 1 : Généralités ». Millésime 2017 confirmé.NBN / Buildwise — NBN EN ISO 10077-1 — Performance thermique des fenêtres, portes et fermetures — Calcul du coefficient de transmission thermique — Partie 1 : Généralités (ISO 10077-1:2017)2017 · consulté le 2026-09-02 qui combine trois composantes distinctes. Comprendre chacune permet de comparer les offres avec précision, et surtout d'identifier où se situent les gains réels dans un projet de rénovation.
Uw = (Ug × Ag + Uf × Af + ψg × lg) / (Ag + Af)
Ug — coefficient thermique du vitrage seul [W/(m²K)] · triple vitrage : typiquement 0,50–0,70
Uf — coefficient du cadre / châssis [W/(m²K)] · PVC standard : ~1,2–1,4 · bois-alu passif : 0,7–0,9
ψg — coefficient linéique du bord de vitrage [W/(m·K)] · intercalaire acier : 0,10–0,12 · intercalaire à bord chaud, dit warm edge : 0,03–0,06
Ag, Af — surfaces vitrage et cadre [m²] · lg — longueur périmètre bord vitrage [m]
Le ψg est souvent le paramètre le moins visible sur les devis, et pourtant il est déterminant. Sur une fenêtre de 1,2 × 1,4 m, le périmètre du bord de vitrage avoisine 4,6 m. Un intercalaire acier (ψg = 0,10 W/(m·K)) ajoute 0,46 W/K de déperdition supplémentaire — l'équivalent d'une dégradation de Uw d'environ +0,27 W/(m²K)EN ISO 10077-1 : ψg porte sur lg, le périmètre visible du vitrage — appui compris — non sur le pourtour de la fenêtre (5,2 m ici). Vitrage ≈ 1,06 × 1,26 m : lg ≈ 4,6 m ; 0,46 W/K sur 1,68 m² = +0,27 W/(m²K).NBN / Buildwise — NBN EN ISO 10077-1 — Performance thermique des fenêtres, portes et fermetures — Calcul du coefficient de transmission thermique — Partie 1 : Généralités (ISO 10077-1:2017)2017 · consulté le 2026-09-04 sur la fenêtre entière (1,68 m²). Passer à un intercalaire warm edge (ψg = 0,04) réduit cet écart à 0,18 W/K — gain de 0,28 W/K sans toucher au vitrage ni au cadre.
Le cadre représente en général 20 à 30 % de la surface totale d'une fenêtre standard. Sur un double vitrage courant (Ug ≈ 1,1 W/(m²K)) remplacé par un triple vitrage (Ug ≈ 0,60), le gain sur la surface vitrée est net. Mais si le cadre passe simultanément d'un PVC standard (Uf ≈ 1,3 W/(m²K)) à un châssis bois-alu passif (Uf ≈ 0,8 W/(m²K)), le gain sur le cadre représente à lui seul 15 à 20 % de l'amélioration totale du Uw. Ignorer le Uf dans la comparaison des offres revient à ne lire qu'une partie de la fiche technique.
Composante
Valeur courante rénovation
Valeur performante
Impact sur Uw final
Ug — vitrage
1,0–1,1 (double standard)
0,50–0,60 (triple passif)
≈ −0,5 à −0,6 W/(m²K) sur Uw
Uf — cadre
1,2–1,4 (PVC standard)
0,7–0,9 (bois-alu passif)
≈ −0,1 à −0,2 W/(m²K) sur Uw
ψg — bord vitrage
0,10–0,12 (intercalaire acier)
0,03–0,05 (warm edge)
≈ −0,2 à −0,3 W/(m²K) sur Uw
ψinstallation — tableau
0,10–0,15 (pose intérieure, tableau nu)
0,03–0,05 (dans plan isolation)
≈ −0,5 à −1,0 W/(m²K) sur Uw effectif
Le ψinstallation n'est pas calculé dans le Uw produit — il s'y ajoute après installation. C'est le paramètre qui peut effacer en chantier tous les gains obtenus en salle de commande. Sources : EN ISO 10077-1:2017, EN ISO 14683:2017, critères PHI de certification des composants transparents.
Facteur solaire g — l'oublié du Uw
Le Ug mesure les pertes ; le facteur solaire g mesure les gains. Un vitrage à g = 0,50 laisse passer 50 % du rayonnement solaire incident sous forme de chaleur — des gains solaires passifs gratuits en hiver. Le PHI ne fixe pas de seuil de g isolé : son critère de vitrage couple les deux, Ug − g × 1,6 ≤ 0 W/(m²K). Un vitrage à Ug = 0,70 doit donc atteindre g ≥ 0,44 ; à Ug = 0,50, g ≥ 0,31. Attention : certains triples vitrages très performants sur le plan thermique (Ug = 0,50) affichent un g = 0,45–0,48 — le compromis entre isolation et apports solaires doit être évalué orientation par orientation. Sur une façade nord ou une façade abritée : le triple vitrage à Ug très faible est justifié. Sur une façade sud fortement exposée : un g légèrement supérieur peut réduire le besoin de chauffage plus qu'une réduction supplémentaire du Ug.
02 — Le choix du vitrage
Triple vitrage — quand ça vaut le coût, et quand ça ne vaut pas
Le triple vitrage est devenu la référence de la rénovation performante, et à raison dans la plupart des contextes suisses romands et genevois. Mais la décision mérite d'être posée projet par projet, car le triple vitrage coûte 20 à 40 % plus cher qu'un double vitrage haute performanceOrdre de grandeur de marché, dépendant du fabricant, du format et de l'année. Aucune source primaire ouverte ne le porte. Voir le point 4 du rapport d'arbitrage.Source à établir — donnée non vérifiée, est plus lourd (ferrures, châssis renforcés) et peut, dans certaines configurations, légèrement réduire les apports solaires passifs. La bonne question n'est pas « triple ou double ? » mais « quel Uw total après installation, pour quel budget, dans quelle configuration de paroi ? »
Triple vitrage justifié
Rénovation vers HPE ou Minergie®
Le HPE — haute performance énergétique — et, au-dessus, le THPE — très haute performance énergétique — sont deux standards légaux genevois, pas des labels : Minergie n'est que l'une des voies admises pour les démontrer. Uw ≤ 1,0 W/(m²K) contre l'extérieur, valeur limite de la SIA 380/1:2016 en neuf comme en rénovationge.ch, « Assainissement énergétique des fenêtres » : les fenêtres remplacées doivent respecter « les performances ponctuelles d'isolation prévues par la norme SIA 380/1, soit maximum 1 W/m².K ».République et canton de Genève — Assainissement énergétique des fenêtresconsulté le 2026-09-02. Pour atteindre Uw posé ≤ 0,85 — le critère PHI du composant fenêtre en zone tempérée fraîche —, le triple vitrage est indispensable sauf à combiner cadre passif + warm edge + tableau parfaitement isolé. En Suisse romande, dès que l'objectif est CECB C ou meilleur en rénovation — le CECB étant le certificat énergétique cantonal des bâtiments, une note calculée à partir du bâtiment et non une consommation relevée —, le triple vitrage s'impose sur les façades nord, est et ouest.
Triple vitrage justifié
Façades nord, est ou exposées aux vents
Sur ces orientations, les apports solaires passifs sont limités et le ψg d'un triple vitrage est compensé par la réduction des pertes thermiques hivernales. La charge de chauffage sur la façade nord d'un bâtiment rénové triple vitrage peut être réduite de 30 à 50 % vs double standard — contribution directe à la réduction de l'IDC genevois — l'indice de dépense de chaleur, la consommation réelle de chauffage et d'eau chaude relevée aux compteurs de l'immeuble, et non un calcul théorique.
À évaluer
Façade sud fortement exposée
Sur une façade sud sans protections solaires extérieures, un triple vitrage à g = 0,45 peut réduire les apports solaires passifs hivernaux de 10 à 15 % par rapport à un double performant à g = 0,62. Si le bâtiment manque d'inertie thermique, la surchauffe d'été peut aussi être plus difficile à maîtriser. Évaluer le compromis Ug / g sur base de bilan PHPP par orientation.
À évaluer
Patrimoine classé ou inventorié
À Genève, les menuiseries des bâtiments classés, inscrits à l'inventaire des immeubles dignesRCI art. 56A al. 4 let. b : bâtiments « qui font l'objet d'un classement, qui figurent à l'inventaire des immeubles dignes d'être protégés et/ou qui sont compris à l'intérieur d'un plan de site », au sens de la LPMNS.rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02 d'être protégés ou compris dans un plan de site au sens de la LPMNS sont soumises à autorisation. Le RCI art. 56A al. 5 admet pour eux quatre exceptions aux prescriptions énergétiques, dont le remplacement du seul vitrage par un vitrage à U ≤ 1,0 W/(m²K), la menuiserie étant conservéeRCI art. 56A al. 5 let. a : « le remplacement du seul vitrage par un vitrage dont le coefficient d'isolation thermique est égal ou inférieur à 1,0 W/(m2 K), lorsque la menuiserie ou la serrurerie sont conservées ».rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02. Un double vitrage à Ug ≤ 1,0 W/(m²K), warm edge et châssis bois profilé respectant l'aspect d'origine peut ainsi être la seule option techniquement et légalement possible.
Le gaz de remplissage — argon ou krypton
Le Ug du triple vitrage dépend en grande partie du gaz qui remplit les deux lames d'air. L'argon (Ar) est le standard : Ug typique 0,60–0,70 W/(m²K) selon épaisseur des lames et revêtements low-e. Le krypton (Kr) permet d'atteindre Ug = 0,50–0,55 W/(m²K) avec des lames plus minces (utile quand le poids est contraignant), mais à un coût nettement supérieur. Dans la plupart des projets de rénovation résidentielle, l'argon avec deux couches de revêtement low-e et warm edge permet d'atteindre Ug ≤ 0,60 W/(m²K) — largement de quoi satisfaire le critère PHI Ug − g × 1,6 ≤ 0 — sans surcoût lié au krypton.
Triple vitrage et poids — un point pratique souvent oublié
Un triple vitrage standard 4/16/4/16/4 mm pèse environ 30–35 kg/m² — contre 18–22 kg/m² pour un double. Sur une grande baie vitrée de 2 m² (60–70 kg), les ferrures, les rails et parfois les châssis doivent être dimensionnés en conséquence. En rénovation, si les dormants existants sont conservés, vérifier leur capacité portante avant de spécifier du triple vitrage grand format. Un dormant en bois massif de 80 ans peut être en parfait état structurel tout en nécessitant des renforts de ferrures.
Un triple vitrage Ug = 0,55 posé en tableau non isolé performe moins bien qu'un double Ug = 0,9 posé dans le plan d'isolation avec tableau isolé. La valeur catalogue n'est pas la performance installée.
Suisse romande — Minergie 2026.1
Le règlement des labels Minergie ne fixe aucune valeur Uw ni Ug par composant : la fenêtre est jugée par le bilan global et par l'étanchéité de l'enveloppeRèglement des labels Minergie 2026.1 : aucune exigence numérique Uw ou Ug par composant, ni pour Minergie-P en rénovation. La page annonçait « Uw pose ≤ 0,80 pour Minergie-P » : cette valeur n'y figure pas.Minergie Suisse — Règlement des labels MINERGIE®/MINERGIE-P®/MINERGIE-A®, version 2026.12026-01-01 · consulté le 2026-09-02, mesurée selon SIA 180:2014 et ISO 9972:2015, avec qE50 ≤ 0,8 m³/(h·m²) en neuf et ≤ 1,6 en rénovationRèglement Minergie 2026.1, § 6.2 « Étanchéité de l'enveloppe ». Le règlement cite SN EN ISO 9972:2022 ; l'édition retenue sur ce site reste ISO 9972:2015 avec SIA 180:2014.Minergie Suisse — Règlement des labels MINERGIE®/MINERGIE-P®/MINERGIE-A®, version 2026.12026-01-01 · consulté le 2026-09-02 pour Minergie-P et Minergie-A. Le « Uw Minergie-P de 0,80 » qui circule sur les devis n'existe pas dans le règlement. En pratique, atteindre ces bilans impose presque toujours un triple vitrage (Ug ≤ 0,60), un cadre à rupture thermique performant (Uf ≤ 0,90) et un intercalaire warm edge (ψg ≤ 0,05).
France voisine — RE2020 et BBC Effinergie Rénovation 2024
La RE2020 fixe les exigences de performance globale (Bbio, Cep,nr) sans imposer de Uw minimal sur les fenêtres. Côté aides, le remplacement de fenêtres est sorti du parcours par geste de MaPrimeRénov' — la voie française qui finance un geste isolé, sans audit préalable ni gain de classes imposé — au 1er septembre 2026 : il n'est plus finançable qu'à l'intérieur d'une rénovation d'ampleurDécret n° 2026-822 du 25 août 2026 (JORF n° 0199 du 27 août 2026), art. 4 : l'annexe 1 est remplacée ; les forfaits « isolation » disparaissent du parcours par geste au 1er septembre 2026, parois vitrées comprises.Légifrance — Journal officiel de la République française — Décret n° 2026-822 du 25 août 2026 modifiant le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique2026-08-27 · consulté le 2026-09-04. La rénovation d'ampleur est l'autre voie : un bouquet de travaux coordonné, accompagné et conditionné à un gain de classes au DPE. Les barèmes changeant plusieurs fois par an, s'en remettre à france-renov.gouv.fr plutôt qu'à un tableau recopié. Pour le label BBC Effinergie Rénovation 2024, qui exige en résidentiel l'étiquette A ou B du DPE — le diagnostic de performance énergétique, certificat français remis à la vente et à la location — — l'étiquette C au palier « première étape » — et une perméabilité mesurée Q4Pa-surf ≤ 1,20 m³/(h·m²)Guide Effinergie du 26.06.2024 (arrêté du 3 octobre 2023) : classe A ou B du DPE, soit < 110 kWhEP/(m²·an) et < 11 kgéqCO₂/(m²·an) ; palier « première étape » : classe C, < 180 et < 30.Collectif Effinergie — Guide d'application du label BBC Effinergie rénovation (arrêté du 3 octobre 2023)2024-06-26 · consulté le 2026-09-04, le triple vitrage s'impose quasi systématiquement sur le périmètre genevois frontalier.
03 — Le facteur décisif
La position dans la paroi — plus déterminante que le vitrage choisi
C'est le point technique le plus important de ce dossier, et le moins visible dans les catalogues de fabricants. Le Uw affiché est calculé dans des conditions de laboratoire standardisées (EN ISO 10077-1) — fenêtre posée dans un cadre d'essai, sans paroi réelle autour. Ce chiffre dit ce que fait le produit. Il ne dit pas ce que fait la fenêtre une fois installée dans votre paroi.
La différence, c'est le ψinstallation — le coefficient linéique du pont thermique créé par la jonction entre la fenêtre et la paroi. Ce pont thermique dépend directement de deux paramètres : la position de la fenêtre dans l'épaisseur de la paroi, et l'isolation des tableaux. Tableau et embrasure désignent ici la même chose, et ce dossier les emploie l'un pour l'autre comme le fait le RCI genevois : le retour de paroi qui borde la baie sur tout son pourtour, entre le dormant de la fenêtre et le nu extérieur de la façade. Ce n'est ni le dormant, ni le vitrage, ni l'appui — c'est la maçonnerie elle-même, vue en coupe autour de la fenêtre. L'usage français courant réserve « tableau » aux deux retours verticaux et garde « embrasure » pour l'ensemble ; ici, les deux mots sont interchangeables.
Trois positions, trois niveaux de performance réelle
Position 1 — Dans le plan d'isolation (optimal)
ψinstallation ≈ 0,03–0,05 W/(m·K) — pont thermique minimal
La fenêtre est posée dans le plan d'isolation thermique de la paroi — typiquement en applique côté extérieur — la fenêtre fixée devant le mur porteur et non dans l'épaisseur de la maçonnerie, détaillée au §04 — quand une ITE (isolation thermique par l'extérieur) est posée simultanément, ou dans le plan de l'isolant intérieur si isolation par l'intérieur. Les tableaux sont couverts par le système d'isolation. Le ψinstallation est minimal : la performance installée se rapproche du Uw produit. C'est la configuration de référence pour toute rénovation visant Minergie-P, EnerPHit ou HPE THPE à Genève.
Position 2 — Milieu de paroi, tableau partiellement isolé
La fenêtre est posée à mi-épaisseur de la paroi maçonnée, avec une isolation de tableau de 3 à 5 cm (panneau PUR ou laine minérale rigide). Le pont thermique de tableau est réduit mais non éliminé. Sur une fenêtre courante (périmètre d'installation ≈ 5 m), un ψinstallation de 0,08 ajoute 0,40 W/K aux déperditions — soit une dégradation du Uw effectif de l'ordre de +0,25 W/(m²K). Acceptable si le Uw produit est ≤ 0,70.
Position 3 — Retrait côté intérieur, tableau nu (à éviter)
La fenêtre remplace l'ancienne menuiserie à la même position (côté intérieur du mur) sans isolation du tableau. C'est la pose la plus simple à mettre en œuvre en rénovation — et la plus courante en l'absence de bureau d'études. Le tableau en maçonnerie (brique, béton) constitue un pont thermique continu autour du périmètre de la fenêtre. Sur la même fenêtre que ci-dessus : +0,60 à +0,75 W/K supplémentaires. Un triple vitrage Ug = 0,55 posé ainsi peut avoir une performance effective comparable à un double vitrage courant posé correctement dans le plan d'isolation.
5 m
périmètre d'installation typique pour une fenêtre de 1,2 × 1,4 m — longueur sur laquelle s'exprime ψinstallation
+0,50 W/K
déperdition supplémentaire pour ψinstallation = 0,10 sur ce périmètre — équivalent à dégrader le Uw effectif d'environ +0,30 W/(m²K)
≠
Uw catalogue ≠ Uw posé : l'écart peut dépasser 0,5 à 1,0 W/(m²K) entre une pose optimale et une pose intérieure sans tableau isolé
Commander des fenêtres à Uw = 0,70 et les poser en tableau non isolé, c'est payer pour des performances qu'on n'aura jamais. Le bureau d'études doit valider la position avant la commande, pas après.
À Genève : HPE et la valeur Uw pose
Le standard HPE du REn art. 12B ne se confond pas avec Minergie®REn art. 12B : label Minergie® ou tout autre label équivalent ; ou valeurs limites MoPEC 2014 et SIA 380/1:2016 ; ou classe CECB® B/B ; ou variante à 80 % des besoins de chaleur. La page écrivait « HPE = Minergie® ».rsGE L 2 30.01, silgeneve.ch — REn — Règlement d'application de la loi sur l'énergie, art. 12B et 12Cconsulté le 2026-09-02 : le label n'est que l'une des variantes admises, à côté du respect des valeurs limites MoPEC 2014 et SIA 380/1:2016, de la classe CECB® B/B et d'une variante à 80 % des besoins de chaleur. Toutes s'évaluent sur le bilan énergétique global du bâtiment, pas composant par composant. Mais le calcul SIA 380/1 intègre les ponts thermiques linéiques — un ψinstallation élevé sur l'ensemble des fenêtres peut faire basculer un bilan HPE en deçà de l'objectif. Sur un immeuble locatif genevois de 30 fenêtres avec un périmètre total de 150 m, passer de ψinstallation = 0,12 à 0,04 représente une réduction de déperdition de 12 W/K, soit de l'ordre de 1 000 kWh de chauffage par an sous le climat genevoisOrdre de grandeur : 12 W/K multipliés par environ 90 000 K·h de degrés-heures annuels. La page annonçait « 100 à 150 kWh/m²·an », deux ordres de grandeur au-dessus. Les degrés-heures ne sont pas sourcés ici.Source à établir — donnée non vérifiée. Ce n'est pas ce qui décide seul d'un bilan HPE, mais c'est un poste gratuit : il ne coûte que d'avoir été prescrit avant la commande.
04 — Anticipation ITE
Pose en applique — préparer la façade de demain sans bloquer le chantier d'aujourd'hui
La pose en applique consiste à fixer la fenêtre devant le mur porteur — en saillie côté extérieur — plutôt que dans l'épaisseur de la maçonnerie. La fenêtre est ainsi placée dans le plan d'isolation prévu (actuel ou futur), et les tableaux sont couverts par le système d'isolation. C'est la configuration standard pour toute rénovation avec ITE simultanée ; c'est aussi la position à adopter quand l'ITE est prévue à moyen terme (3 à 10 ans) mais pas encore décidée.
Pourquoi la pose en applique est la bonne décision en rénovation partielle
Remplacer les fenêtres à l'ancienne position (côté intérieur du mur) en prévoyant une ITE future crée un problème de raccordement difficile à résoudre : quand l'ITE sera posée, les tableaux seront trop courts pour couvrir la profondeur totale de la paroi plus l'isolant. Soit on allonge les tableaux avec des piécettes (pont thermique maintenu, travail de finition lourd), soit on laisse les tableaux nus (pont thermique et risque de condensation). Les fenêtres neuves installées à l'ancienne position deviennent un frein à la rénovation totale de façade.
Avec une pose en applique dès le remplacement des menuiseries, la fenêtre est déjà à la bonne position pour l'ITE future. L'ITE se raccorde proprement au nu extérieur du dormant. Aucun travail de tableau complémentaire n'est nécessaire. La valeur de ψinstallation descend immédiatement à 0,03–0,05 W/(m·K) — même avant que l'ITE soit posée — parce que la jonction paroi/dormant est au nu extérieur du mur, là où la résistance thermique est maximale.
Les conditions techniques de la pose en applique
Technique
Console de fixation
La fenêtre en applique est fixée au mur porteur via des consoles métalliques (inox ou aluminium anodisé, à rupture thermique si possible). La fixation doit reprendre les charges permanentes (poids du vitrage) et les charges variables (vent, manœuvre). Dimensionnement selon EN 1991-1-4 pour les zones venteusesNF EN 1991-1-4, Eurocode 1 partie 1-4 : « donne les bases pour l'évaluation de l'action du vent sur les structures des bâtiments et des ouvrages de génie civil ». À compléter par l'annexe nationale.AFNOR Éditions — NF EN 1991-1-4 — Eurocode 1 : actions sur les structures — Partie 1-4 : actions générales, actions du vent2005-11 · consulté le 2026-09-02. Des systèmes de console thermocoupée existent et réduisent le pont thermique propre de la fixation.
Technique
Étanchéité à l'air et à l'eau
La jonction dormant/mur doit être étanche à l'air (côté intérieur : bande intumescente ou mastic acrylique) et à l'eau avec drainage (côté extérieur : joint précomprimé imprégné à mémoire de forme ou bande EPDM). La règle ABC : étanche à l'Air côté intérieur — Bourrage isolant au centre — résistant au Climat (ouvert à la diffusion et étanche à l'eau) côté extérieur. En rénovation, ce détail est souvent sacrifié sur l'autel de la vitesse d'exécution — c'est l'origine de la plupart des infiltrations sur les fenêtres rénovées.
Attention
Aspect visuel et acceptation
Une fenêtre en applique sur un mur nu (avant ITE) est visuellement saillante — elle peut surprendre le maître d'ouvrage ou les locataires si elle n'a pas été anticipée et expliquée. La communication en amont sur la logique de préfiguration ITE est indispensable. En pratique, une saillie de 3 à 6 cm est peu perceptible sur façade — mais une saillie de 15 cm pour anticiper une ITE importante doit être présentée et validée dans le dossier de projet.
Attention
LCI art. 114A — ITE hors gabarit
À Genève, la LCI art. 114A al. 3 permet que l'épaisseur de l'isolation périphérique (ITE) ne soit comptabilisée ni dans le gabarit, ni dans les distances aux limitesLCI art. 114A al. 3 : « l'épaisseur de cette isolation n'est pas prise en compte, ni dans le calcul du gabarit, ni dans celui des distances aux limites de propriété ou entre constructions ».rsGE L 5 05, texte consolidé sur lexfind.ch — LCI, art. 114A — Isolation périphérique de constructions existantesconsulté le 2026-08-29 de propriété ou entre constructions. Cette disposition facilite la pose en applique suivie d'une ITE : la saillie de la fenêtre et de l'isolant ne grève ni le gabarit ni les distances aux limites. Attention à l'al. 2 en revanche : la sortie du rapport des surfaces prévue à l'al. 1 tombe si la constructionLCI art. 114A al. 2 : l'al. 1 « n'est pas applicable si les constructions bénéficient de rapports de surface augmentés en raison de la reconnaissance de la haute performance énergétique selon l'article 59, al. 1 et 4 ».rsGE L 5 05, texte consolidé sur lexfind.ch — LCI, art. 114A — Isolation périphérique de constructions existantesconsulté le 2026-09-04 bénéficie déjà du bonus HPE/THPE de l'art. 59. Vérifier avec l'office des autorisations de construire (OAC)ge.ch : l'OAC, rattaché au département du territoire, instruit et se prononce sur les demandes d'autorisations de construire. L'OCBA est l'office cantonal des bâtiments — un maître d'ouvrage, pas une autorité.République et canton de Genève, département du territoire — Office des autorisations de construire (OAC)consulté le 2026-09-02 si le bâtiment est en zone protégée ou si la saillie modifie l'aspect de la façade.
05 — Réglementation genevoise
Embrasures et RCI art. 56A — la prescription genevoise souvent méconnue
Le RCI (Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, rsGE L 5 05.01) contient, en son article 56A intitulé « Isolation des embrasures en façade »rsGE L 5 05.01 : le règlement d'application de la LCI porte le sigle RCI. Son art. 56A, « Isolation des embrasures en façade », vise « vitrages, cadres de fenêtres, caissons de stores, etc. ». « RALI » n'existe pas.rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02, des prescriptions énergétiques propres aux vitrages, aux cadres de fenêtres et aux caissons de stores. Cet article prolonge le RCI art. 56, qui exige que la qualité thermique de l'enveloppe soit conforme à la norme SIA 380/1RCI art. 56 : « La qualité thermique de l'enveloppe du bâtiment doit, sauf cas particulier, être conforme à la norme SIA 380/1 en vigueur ».rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02 en vigueur — mais il vise explicitement l'ouvrage de façade autour de la baie.
Ce que dit le RCI art. 56A en pratique
L'alinéa 1 vise les constructions neuves. L'alinéa 2 est celui qui concerne la rénovation : les embrasures donnant sur des locaux chauffés d'une construction existante doivent être mises en conformité dès que leur coefficient de transmission thermique U est égal ou supérieur à 3,0 W/(m²K)RCI art. 56A al. 2 : mise en conformité des embrasures donnant sur des locaux chauffés « lorsque leur coefficient de transmission thermique U est égal ou dépasse 3,0 W/(m2 K) », au 31 janvier 2016 au plus tard.rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02, pour respecter les normes SIA 180 et SIA 380/1 et l'affaiblissement acoustique de la SIA 181 — travaux qui devaient être exécutés au 31 janvier 2016 au plus tard. L'alinéa 3 renvoie à la SIA 180 pour l'étanchéité. Ce seuil de 3,0 W/(m²K) est celui d'un simple vitrage : l'article vise d'abord le parc resté en menuiseries d'origine. Un remplacement de fenêtres qui laisse le tableau nu n'enfreint donc pas mécaniquement l'article 56A — mais il vide de sa substance l'exigence SIA 380/1 à laquelle celui-ci renvoie, et il ouvre le risque de condensation décrit plus bas.
Les alinéas 4 et 5 traitent du patrimoine : pour les bâtiments situés en zone protégée, classés, inscrits à l'inventaire des immeubles dignes d'être protégés ou compris dans un plan de site au sens de la LPMNS, la mise en conformité se fait dans les matériaux d'origine, profils et partition des vitrages respectant l'architecture du bâtiment. Quatre exceptions sont admises : remplacer le seul vitrage par un vitrage à U ≤ 1,0 W/(m²K) en conservant la menuiserie, réaliser une fenêtre neuve « à l'ancienne » avec le même vitrage, ajouter une seconde fenêtre extérieure à simple vitrage, ou ajouter une seconde fenêtre intérieure à U ≤ 1,0 W/(m²K). L'alinéa 6 ouvre en outre des dérogations lorsque les exigences sont disproportionnées : elles sont accordées sur demande écrite par l'office chargé de l'énergie (OCEN), par décision administrative dans un délai de 3 mois et sur préavisRCI art. 56A al. 6 : les dérogations « sont accordées sur demande écrite par l'office chargé de l'énergie, par voie de décision administrative, dans un délai de 3 mois, sur préavis des services concernés ».rsGE L 5 05.01, silgeneve.ch — RCI — Règlement d'application de la loi sur les constructions et les installations diverses, art. 56 et 56Aconsulté le 2026-09-02 des services concernés — la dérogation se sollicite, elle ne se présume pas.
Isolation des tableaux — les solutions techniques courantes
Solution
Épaisseur typique
λ matériau
Applicabilité
Panneau PUR/PIR rigide
3–6 cm
0,022–0,026 W/(m·K)
Meilleure performance volumique — idéal quand la profondeur de tableau est contrainte. Finition plâtrier ou tableau PVC.
Panneau EPS graphité (λ 031)
4–8 cm
0,031 W/(m·K)
Standard ITE en tableau. Bonne compatibilité avec les systèmes enduits existants. Économique.
Laine minérale rigide
5–8 cm
0,035–0,040 W/(m·K)
Bonne résistance à l'humidité, adaptée aux tableaux humides. Plus épaisse que PUR pour même résistance thermique.
Tableau PVC ou aluminium sans isolation
—
Pont thermique maintenu
Ne constitue pas une isolation de tableau. Le pont thermique de maçonnerie reste actif : ψinstallation inchangé, risque de condensation maintenu.
Épaisseurs minimales indicatives pour atteindre ψinstallation ≤ 0,05 W/(m·K) sur un tableau en maçonnerie courante (brique creuse, paroi béton). À vérifier par calcul EN ISO 14683 selon le détail de jonction réel. Source : EN ISO 14683:2017 et pratique terrain NRG positive.
Condensation sur les embrasures — le signal d'alarme
Des traces de condensation sur les tableaux (embrasures) après remplacement des fenêtres ne signalent pas un produit défectueux : elles signalent un pont thermique de tableau non traité. La condensation se forme là où la surface intérieure descend sous le point de rosée de l'air intérieur. Sur un tableau en maçonnerie non isolé avec une fenêtre haute performance (Uw produit ≤ 0,8), la température de surface du tableau peut descendre à 8–12 °C en hiver — bien en dessous du point de rosée à 20 °C / 60 % HR (≈ 12 °C). Des moisissures suivent dans les 6 à 18 mois. C'est le scénario inverse de ce qu'on attendait en remplaçant les fenêtres.
Attention : responsabilité du maître d'ouvrage
À Genève, si des dégâts de condensation ou de moisissures surviennent dans les tableaux après remplacement de fenêtres, l'absence d'isolation de tableau peut être opposée au maître d'ouvrageQualification juridique sans article ni jurisprudence citable. La formulation initiale parlait d'engager la responsabilité civile ; elle a été atténuée en attendant une relecture. Voir le point 3 du rapport d'arbitrage.Source à établir — donnée non vérifiée par les locataires — indépendamment du fait que le fabricant ou le poseur ait respecté les règles de pose du produit. La conformité énergétique de l'ouvrage au sens du RCI art. 56 et 56A relève du maître d'ouvrage, pas du fabricant.
Suisse romande hors Genève
Vaud, Valais, Fribourg, Neuchâtel appliquent le MoPEC 2014 via leurs propres réglementations cantonales, toutes adossées à SIA 380/1:2016 — le MoPEC 2025 a été adopté par la Conférence des directeurs cantonaux de l'énergie le 29 août 2025EnDK, communiqué du 29 août 2025 : l'assemblée plénière adopte le Modèle de prescriptions énergétiques 2025. Ce sont des recommandations aux cantons, en vigueur une fois transposées dans le droit cantonal.EnDK — Conférence des directeurs cantonaux de l'énergie — Les cantons adoptent le Modèle de prescriptions énergétiques 20252025-08-29 · consulté le 2026-09-02 et doit encore être transposé canton par canton. L'isolation des tableaux n'y est pas toujours explicitée dans un article équivalent au RCI art. 56A genevois — mais elle est implicitement requise dès lors que la valeur limite U ≤ 1,0 W/(m²K) des fenêtres contre l'extérieur doit être démontrée. Le calcul du pont thermique de jonction (EN ISO 14683) fait partie du dossier Minergie.
France voisine — DTU et labels
En France, le DTU 36.5 (menuiseries extérieures) encadre la pose des fenêtresNF DTU 36.5 P1-1, « Travaux de bâtiment — Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures — Cahier des clauses techniques types », avril 2010 : neuf et rénovation, pose sur au moins deux côtés opposés.AFNOR / Norm'Info — NF DTU 36.5 P1-1 — Travaux de bâtiment — Mise en œuvre des fenêtres et portes extérieures — Cahier des clauses techniques types2010-04-01 · consulté le 2026-09-02. L'isolation des tableaux n'est pas systématiquement imposée par le DTU seul, mais elle est requise pour atteindre les performances du label BBC Effinergie Rénovation 2024. Dans ce cadre, le bureau d'études doit calculer le pont thermique de jonction — les dossiers sans isolation de tableau ne passent pas la validation chez Effinergie.
06 — L'ordre des décisions
L'erreur classique : commander les fenêtres avant d'avoir décidé la façade
C'est l'erreur la plus fréquente observée sur le terrain en rénovation résidentielle genevoise et romande, et la plus difficile à corriger après coup. Des fenêtres neuves posées à la mauvaise position créent des contraintes qui peuvent durer 20 à 30 ans — leur durée de vie technique. Comprendre pourquoi cette erreur se produit permet de la prévenir.
Pourquoi cette erreur se produit
Cause principale
Les fenêtres sont la dégradation la plus visible
Condensation, courants d'air, vitrages opaques en hiver : les fenêtres dégradées sont perçues immédiatement par les occupants, qui demandent leur remplacement. La décision de remplacer les fenêtres est prise sur la base du ressenti, pas d'un audit global. Le maître d'ouvrage commande les fenêtres sans bilan énergétique préalable — et souvent sans même savoir qu'une ITE serait pertinente.
Cause principale
Le devis de fenêtres est facile à obtenir
Un fabricant de fenêtres peut envoyer un devis en 48 h. Un CECB® Plus se compte en semaines. La décision suit le devis le plus rapide — pas le diagnostic le plus complet. En l'absence d'AMO — l'assistance à maîtrise d'ouvrage, le mandataire qui conseille le maître d'ouvrage sans exécuter les travaux ; le terme n'existe pas en Suisse, où l'on parle simplement de mandataire — ou de bureau d'études mandaté en amont, le maître d'ouvrage avance avec les informations disponibles, qui sont les informations commerciales.
Cause fréquente
Décision fragmentée (gestionnaire technique vs régie vs propriétaire)
Dans un immeuble locatif, le propriétaire ou la régie prend la décision de fenêtres sur signal de maintenance. La décision stratégique (ITE, HPE, Minergie) relève d'un autre niveau décisionnel — souvent un organe délibérant (assemblée de copropriétaires, conseil de fondation) avec un cycle de décision plus long. Les décisions opérationnelles précèdent les décisions stratégiques, créant des faits accomplis coûteux.
Cause fréquente
Méconnaissance du problème de la position
Les artisans menuisiers posent les fenêtres à la position de l'ancienne — c'est leur métier, pas leur rôle de prescrire la stratégie façade. Sans indication contraire du bureau d'études, la fenêtre est posée à la même profondeur. La pose en applique est techniquement plus complexe et moins rentable pour l'entreprise — elle ne sera jamais proposée spontanément si elle n'est pas prescrite.
L'ordre recommandé des décisions
Étape 1 — Diagnostic global avant toute décision
Audit CECB ou bilan PHPP — définir la trajectoire
À Genève, le CECB® et le CECB® Plus doivent être fournis pour obtenir la décision de subventionGEnergie, conditions de la mesure M-10 : « Le certificat CECB® et le CECB® Plus doivent être fournis pour obtenir la décision de subvention ».GEnergie, OCEN, République et canton de Genève — Amélioration de la classe CECB® pour l'enveloppe et pour l'efficacité énergétique globale — mesure M-10consulté le 2026-09-02 sur la mesure M-10, celle qui récompense le gain de classes. Le CECB donne les classes actuelles et l'écart à combler. Un bilan PHPP (si objectif Minergie-P ou EnerPHit) permet de simuler l'impact des différentes mesures dans leur ordre et leur combinaison. Le coût d'un CECB® Plus est sans commune mesure avec celui d'une erreur de position, qui se paie sur les vingt à trente ans de vie de la fenêtre, en surconsommation et en travaux correctifs.
La stratégie façade conditionne la position des fenêtres
Trois scénarios conditionnent la position des fenêtres : (A) ITE immédiate — fenêtres dans le plan d'isolation, pose simultanée. (B) ITE dans 3 à 10 ans — fenêtres en applique préfigurée, console et seuil dimensionnés pour l'épaisseur d'isolant future, tableaux accessibles pour raccordement futur. (C) Pas d'ITE prévue — isolation intérieure ou aucune isolation de paroi : fenêtres au milieu de la paroi avec isolation de tableau maximale. Le scénario (B) est le plus délicat car il requiert une décision sur l'avenir probable de la façade — décision que le maître d'ouvrage doit prendre consciemment, pas par défaut.
Étape 3 — Spécification technique des fenêtres selon position
Uw cible, Ug, ψg, tableau, console — cahier des charges complet
Une fois la position définie, le cahier des charges est précis : Uw produit cible (calculé en arrière depuis Uw pose requis + ψinstallation attendu), Ug et ψg minimaux, système de tableau, type de console si applique, détail d'étanchéité (règle ABC). Le devis de l'entreprise de menuiserie répond à ce cahier des charges — pas l'inverse.
Étape 4 — Commande et pose coordonnée
Menuiseries, tableaux et façade : une seule séquence de chantier
Le remplacement des menuiseries et l'isolation des tableaux sont réalisés par la même entreprise ou dans la même tranche de travaux. En cas de pose en applique avec ITE simultanée, l'entreprise d'isolation est présente pour le raccordement. La réception des travaux inclut une vérification des détails de jonction ; si l'objectif est Minergie, la mesure d'étanchéité à l'air (test Blower Door, l'essai de pressurisation de l'enveloppe) est à confier à un mesureur agréé — reconnu par Minergie en Suisse, autorisé par le ministère en France. Pas de fenêtre posée sans son tableau isolé — les deux constituent une seule prestation.
Étape 5 — Dossier et subventions
GEnergie et Programme Bâtiments : un seul guichet, un dossier documenté
À Genève, les subventions passent par un guichet unique, GEnergie, le portail cantonal des aides à l'énergie : le Programme Bâtiments fédéral co-finance les mesures cantonales et sa plateforme est le circuit de dépôt. La mesure qui récompense une rénovation d'enveloppe est la M-10, gain de classes CECB® : de CHF 60.– à 390.– par m² de surface de référence énergétique selon l'affectation et le nombre de classes gagnées, avec un minimum de deux classesGEnergie, mesure M-10 : CHF 150.– à 390.–/m² en habitat individuel, 90.– à 210.– en habitat collectif, 60.– à 150.– pour les autres affectations, minimum « +2 classes ». La page annonçait « 20 à 30 CHF/m²/an économisé ».GEnergie, OCEN, République et canton de Genève — Amélioration de la classe CECB® pour l'enveloppe et pour l'efficacité énergétique globale — mesure M-10consulté le 2026-09-02, sur l'enveloppe et sur l'efficacité énergétique globale. En France voisine, le remplacement de fenêtres n'est plus finançable par MaPrimeRénov' au titre du parcours par geste depuis le 1er septembre 2026 ; il ne subsiste qu'à l'intérieur d'une rénovation d'ampleur. Les dossiers nécessitent la documentation de la pose (photos, détails de jonction) — documenter en cours de chantier est plus simple qu'après.
L'ordre des décisions n'est pas un détail administratif. C'est la différence entre une rénovation performante et une rénovation coûteuse qui ne tient pas ses promesses.
La question à poser avant toute commande de fenêtres
« Dans cinq à dix ans, allez-vous isoler la façade par l'extérieur ? » Si la réponse est « probablement oui » ou « on ne sait pas encore », la fenêtre doit être posée en applique avec tableau préfiguré. Si la réponse est « non, définitivement » (patrimoine protégé, contrainte budgétaire documentée, isolation intérieure prévue), alors la position intérieure avec isolation de tableau maximale est la bonne. La seule mauvaise réponse est de ne pas poser la question.
07 — Questions des techniciens et maîtres d'ouvrage
Ce que demandent les professionnels et les maîtres d'ouvrage
Quel Uw minimum exige la loi genevoise pour remplacer les fenêtres ?
La valeur limite U des fenêtres contre l'extérieur, selon la SIA 380/1:2016 et le MoPEC 2014 auxquels renvoie le RCI art. 56, est de 1,0 W/(m²K) — la même en construction neuve et en rénovation. C'est le minimum légal. Le RCI art. 56A y ajoute, pour l'existant, une obligation de mise en conformité de l'embrasure dès que son U atteint 3,0 W/(m²K). Le standard HPE du REn art. 12B, lui, ne fixe aucune valeur par fenêtre : il s'atteint par le bilan global du bâtiment, et suppose en pratique du triple vitrage posé dans le plan d'isolation avec tableau isolé.
Pourquoi le fabricant ne mentionne-t-il pas le ψinstallation dans son devis ?
Parce que le ψinstallation dépend de la paroi dans laquelle la fenêtre est posée — le fabricant ne connaît pas votre paroi. La norme EN ISO 14683:2017 publie des valeurs tabulées par type de jonctionEN ISO 14683:2017 : « méthodes simplifiées pour déterminer les flux thermiques à travers les ponts thermiques linéaires aux jonctions de parois de bâtiments », avec valeurs par défaut tabulées.NBN / Buildwise — NBN EN ISO 14683 — Ponts thermiques dans les bâtiments — Coefficient linéique de transmission thermique — Méthodes simplifiées et valeurs par défaut (ISO 14683:2017)2017 · consulté le 2026-09-02 (mur béton, brique, ossature bois, etc.) pour différentes positions de la fenêtre. Ces valeurs permettent de calculer le ψinstallation sans simulation numérique. C'est la responsabilité du bureau d'études ou du prescripteur d'intégrer ce paramètre dans le cahier des charges — et de vérifier que l'entreprise de pose respecte le détail prescrit.
Peut-on justifier les fenêtres pour le Programme Bâtiments fédéral sans ITE ?
Oui, mais rarement seules. À Genève, la mesure qui récompense une rénovation d'enveloppe est la M-10 : elle exige un gain d'au moins deux classes CECB®, sur l'enveloppe et sur l'efficacité énergétique globale, et se paie de CHF 60.– à 390.– par m² de surface de référence énergétique selon l'affectation. Or l'amélioration de classe CECB est calculée sur l'ensemble de l'enveloppe, pas sur les fenêtres seules. Remplacer uniquement les fenêtres sans toucher aux parois opaques donne rarement une amélioration de 2 classes CECB sur un immeuble des années 1960–1980 — le saut de classe vient le plus souvent de l'isolation des parois combinée aux fenêtres. Il vaut mieux simuler les scénarios avant de décider l'ordre des travaux.
Que faire si les fenêtres ont déjà été remplacées à la mauvaise position ?
Deux options selon la configuration. (1) Si l'ITE est prévue : l'entreprise d'isolation peut souvent poser l'isolant jusqu'au nu extérieur du dormant et habiller les tableaux depuis l'extérieur — le pont thermique est partiellement corrigé, même si la fenêtre n'est pas dans le plan d'isolation. Le résultat n'est pas aussi propre qu'une pose en applique, mais l'amélioration est réelle. (2) Si pas d'ITE prévue : isolation des tableaux par l'intérieur, panneau PUR de 3 à 5 cm minimum collé sur le tableau maçonné, finition plâtrier. Le ψinstallation ne sera pas optimal, mais la condensation et les moisissures disparaissent. Dans les deux cas, la correction se décide sur une lecture du bâtiment et de son détail de jonction réel, pas sur un catalogue.
Les fenêtres en bois triple vitrage tiennent-elles aussi bien que le PVC dans le climat genevois ?
Les châssis bois contemporains (bois lamellé-collé, traitements en autoclave ou peinture microporeuse) ont une durée de vie comparable au PVC sous le climat genevois, à condition d'être correctement maintenus (peinture ou lasure selon le fabricant, typiquement tous les 8–12 ans sur les faces exposées). L'avantage technique du bois est son Uf naturellement plus faible que le PVC standard : un châssis bois massif 80 mm atteint Uf ≈ 0,90–1,0 W/(m²K) sans rupture thermique, là où le PVC standard est à 1,2–1,4. Les châssis bois-alu combinent bois côté intérieur (Uf faible) et aluminium anodisé côté extérieur (entretien minimal) — option standard sur les projets Minergie-P.
Comment intégrer le remplacement de fenêtres dans un projet HPE Minergie à Genève ?
Le remplacement de fenêtres seul ne suffit pas à atteindre HPE — il s'inscrit dans une stratégie globale d'enveloppe. Et HPE ne veut pas dire Minergie® : le REn art. 12B admet le label Minergie® ou tout autre label équivalent, mais aussi le respect des valeurs limites MoPEC 2014 et SIA 380/1:2016, la classe CECB® B/B en neuf ou C/B en rénovation, ou une variante à 80 % des besoins de chaleur. Dans un projet coordonné, les fenêtres sont définies en cohérence avec les parois et la toiture, et le cahier des charges (Uw posé, ψinstallation, tableau) sert la variante retenue. Le bonus de rapport des surfaces de la LCI art. 59 al. 1 — 25 %, porté à 27,5 % en haute performance énergétique et à 30 %LCI art. 59 al. 1 : la surface « peut être portée à 27,5% lorsque la construction est conforme à un standard de haute performance énergétique, respectivement à 30% » en très haute performance. C'est l'al. 1.rsGE L 5 05, silgeneve.ch — LCI — Loi sur les constructions et les installations diverses, art. 59 al. 1consulté le 2026-09-02 en très haute performance énergétique — dépend du standard atteint par le bâtiment, pas des fenêtres seules. Arbitrer entre ces variantes avant de commander les fenêtres, c'est précisément le rôle du conseil.
Quel est le bon moment pour contacter NRG positive dans un projet de remplacement de fenêtres ?
Avant d'ouvrir le premier devis de fabricant. L'intervention en amont — diagnostic, définition de la stratégie façade, cahier des charges technique — est la plus courte et la moins chère. Une consultation de 2 à 3 heures sur site permet de définir la position optimale des fenêtres, l'objectif Uw pose, le traitement des tableaux et la coordination avec un éventuel projet ITE futur. Cette étape évite les décisions irréversibles prises trop tôt — et conditionne la validité des dossiers d'aides cantonales et fédérales. Parler de votre projet →
À retenir
Ce qu'il faut retenir, et dans quel ordre agir
Posez la question de la façade avant tout devis. « Isolerez-vous par l'extérieur dans cinq à dix ans ? » Un « on ne sait pas encore » impose déjà la pose en applique.
Faites établir le diagnostic d'abord. CECB ou CECB Plus à Genève, bilan PHPP si l'objectif est Minergie-P ou EnerPHit : la trajectoire précède le produit.
Spécifiez la position, puis le produit. Le Uw à commander se calcule à rebours, depuis le Uw posé visé et le ψinstallation attendu de la jonction.
N'achetez jamais une fenêtre sans son tableau isolé. Les deux forment une seule prestation ; un tableau nu ramène condensation et moisissures en 6 à 18 mois.
Documentez la pose pendant le chantier. Photos et détails de jonction : les dossiers de subvention les exigent, et après coup ils sont introuvables.
GenèveRCI art. 56 et 56A : SIA 380/1 pour l'enveloppe, mise en conformité des embrasures au-delà de 3,0 W/(m²K), dérogations patrimoniales sur demande écrite à l'OCEN. ITE hors gabarit (LCI art. 114A al. 3).
SuisseMinergie ne fixe aucun Uw ni Ug par composant : la fenêtre est jugée par le bilan global et par le qE50 de l'enveloppe. Le « Uw Minergie-P de 0,80 » n'existe dans aucun règlement.
France voisineDepuis le 1er septembre 2026, le remplacement de fenêtres est sorti du parcours par geste de MaPrimeRénov' : il n'est plus finançable qu'à l'intérieur d'une rénovation d'ampleur.
Sources et références (32)
Chaque chiffre et chaque affirmation de ce dossier renvoie à sa source. Survolez ou touchez un appel de note pour l'afficher.
Source à établir — donnée non vérifiée Ordre de grandeur de marché, dépendant du fabricant, du format et de l'année. Aucune source primaire ouverte ne le porte. Voir le point 4 du rapport d'arbitrage.
République et canton de Genève — Assainissement énergétique des fenêtres(consulté le 2026-09-02) ge.ch, « Assainissement énergétique des fenêtres » : les fenêtres remplacées doivent respecter « les performances ponctuelles d'isolation prévues par la norme SIA 380/1, soit maximum 1 W/m².K ».
Source à établir — donnée non vérifiée Ordre de grandeur : 12 W/K multipliés par environ 90 000 K·h de degrés-heures annuels. La page annonçait « 100 à 150 kWh/m²·an », deux ordres de grandeur au-dessus. Les degrés-heures ne sont pas sourcés ici.
Source à établir — donnée non vérifiée Qualification juridique sans article ni jurisprudence citable. La formulation initiale parlait d'engager la responsabilité civile ; elle a été atténuée en attendant une relecture. Voir le point 3 du rapport d'arbitrage.
Validez l'ordre des travaux avant de commander vos fenêtres
La position dans la paroi, l'isolation des tableaux et la coordination avec la stratégie façade se décident avant la commande — pas après. Conseil NRG positive : lecture du bâtiment, cahier des charges technique, coordination ITE / menuiseries, arbitrage entre les standards — SIA 380/1, HPE, Minergie®, EnerPHit — pour Genève et la Suisse romande.