Publié le 1er novembre 2027 15 min de lecture REn art. 13N · 13M · 12I PAC · GeniLac · CADIOM · Pellets SIG · Programme Bâtiments Mise à jour juin 2026

Sortie des énergies fossiles pour le chauffage à Genève : ce que la loi exige, ce que le terrain impose

À Genève, remplacer une chaudière gaz ou mazout n'est plus un simple échange technique — c'est une décision stratégique encadrée par la loi. Toute nouvelle installation fossile dès 5 kW est soumise à autorisation (REn art. 13N). Un brûleur de plus de 20 ans qualifie en transformation soumise à autorisation (art. 13M al. 3). Avant de signer un bon de commande, trois questions méritent une réponse rigoureuse : quelle alternative, à quelle température de départ, et dans quel état est l'enveloppe du bâtiment ?

Dans ce dossier

Quatre alternatives au gaz et au mazout à Genève

Il n'existe pas une seule bonne réponse — il existe une réponse adaptée à chaque bâtiment selon sa localisation, son type d'émetteurs, son état d'isolation et la disponibilité des réseaux. Voici les quatre voies principales, dans l'ordre de pertinence géographique genevoise.

1ère priorité si réseau disponible
Réseaux de chaleur SIG — GeniLac & CADIOM
GeniLac exploite les eaux profondes du lac Léman (échange thermique à ~5–7 °C). CADIOM est le réseau thermique urbain genevois alimenté en partie par les énergies renouvelables. Si le bâtiment est dans le périmètre, la connexion est la solution la plus simple : pas d'équipement interne à maintenir, COP équivalent de 4 à 6, énergie décarbonée. Vérification de disponibilité : sig-ge.ch (carte des réseaux).
Alternative principale hors réseau
PAC air/eau (pompe à chaleur sur air extérieur)
Solution la plus répandue hors zone CAD. COP de 2,8 à 3,8 à conditions nominales (–5 °C ext / 45 °C départ). Nécessite une unité extérieure (contrainte sonore et esthétique en zone urbaine dense). Exige impérativement une température de départ ≤ 50 °C pour des performances acceptables. Subventionnée SIG + Programme Bâtiments modules 5b/5c.
Alternative performante — délais plus longs
PAC géothermique (sondes verticales)
COP stable de 4,0 à 4,8 quelle que soit la température extérieure — le sol genevois est à ~12 °C toute l'année. Pas d'unité extérieure visible, silencieuse, idéale pour les sites sensibles. Coût de forage : 8 000–15 000 CHF/sonde selon profondeur. Autorisation GESDEC obligatoire (Service de géologie, sols et déchets de GE) — délai 6 à 12 mois. À planifier très en amont.
Si PAC et CAD non accessibles
Chaudière à granulés (pellets)
Solution biomasse pertinente quand l'enveloppe n'est pas encore rénovée (compatible avec des températures de départ plus élevées). CO₂ neutral si filière certifiée ENplus A1. Contraintes : stockage (volume de 5–10 m³ pour un immeuble), livraison annuelle, qualité de l'air. Moins d'aides SIG que pour les PAC — mais Programme Bâtiments module 4b applicable.

Quel système pour quel contexte — tableau de synthèse

Système COP / Efficacité Condition principale Délai réalisation Aides GE
CAD SIG (GeniLac / CADIOM) Équiv. 4–6 Être dans le périmètre du réseau 6–18 mois selon distance SIG + Prog. Bât.
PAC air/eau 2,8–3,8 Température de départ ≤ 50 °C impératif 3–6 mois SIG + Prog. Bât. 5b/5c
PAC géothermique 4,0–4,8 Autorisation GESDEC + terrain disponible 12–24 mois (auth.) SIG + Prog. Bât.
Pellets (biomasse) Eff. 85–92 % Stockage + approvisionnement filière certifiée 3–6 mois Prog. Bât. 4b (SIG limité)
Chaudière gaz (remplacement) Eff. 90–98 % Autorisation REn art. 13N — de plus en plus difficile à obtenir 2–4 mois Aucune aide

COP : coefficient de performance mesuré à conditions nominales. Pour les PAC, le COP réel annuel (SPF — Seasonal Performance Factor) est inférieur. Données basées sur les standards du marché en 2026 ; vérifier les fiches techniques des équipements retenus. Délais indicatifs hors conditions particulières.

Comment vérifier la disponibilité du réseau SIG sur votre parcelle SIG met à disposition une carte interactive sur sig-ge.ch permettant de vérifier en quelques clics si GeniLac ou CADIOM dessert votre adresse ou si une extension est planifiée. Si le réseau est disponible à moins de 50 mètres, la connexion est en général économiquement pertinente. Si une extension est planifiée dans les 2–3 ans, il peut valoir la peine de patienter plutôt que d'investir dans une PAC. NRG positive intègre systématiquement cette vérification dans ses études de remplacement.

La règle des 50 °C : pourquoi elle conditionne tout le reste

L'article 12I al. 3 du REn genevois fixe une limite de température de départ ≤ 50 °C à la température de dimensionnement pour les installations de chauffage. Cette exigence n'est pas arbitraire — elle reflète une réalité physique fondamentale : la performance d'une pompe à chaleur est directement liée à la différence de température entre la source froide (air extérieur ou sol) et la source chaude (le circuit de chauffage). Plus cette différence est grande, plus le COP est bas.

Ce que dit la physique

Une PAC air/eau qui produit de l'eau à 70 °C (température typique d'une chaudière gaz alimentant des radiateurs haute température) consomme environ deux fois plus d'électricité qu'une PAC produisant de l'eau à 45 °C pour la même quantité de chaleur utile. Son COP chute de ~3,5 (à 45 °C départ) à ~1,8–2,0 (à 70 °C départ) lors d'une journée froide à -5 °C. À ce niveau, l'avantage économique et environnemental de la PAC sur la chaudière gaz disparaît presque entièrement.

~3,5
COP d'une PAC air/eau à 45 °C de départ / –5 °C extérieur — le régime d'efficacité maximale
~2,0
COP d'une PAC air/eau à 70 °C de départ / –5 °C extérieur — l'avantage s'évapore
60–70 °C
température de départ typique d'une chaudière gaz alimentant des radiateurs standards des années 1970–1990 — incompatible avec une PAC efficace
35–45 °C
température de départ idéale pour planchers chauffants ou radiateurs basse température — PAC à COP optimal, enveloppe bien isolée requise

La conséquence directe : isoler avant ou en même temps

Un bâtiment mal isolé a des déperditions thermiques élevées — il a besoin d'un débit de chaleur important même par temps peu froid. Pour fournir ce débit avec des radiateurs de taille standard, le circuit de chauffage doit fonctionner à haute température. Réduire la déperdition par l'isolation produit deux effets simultanés :

1. La puissance totale de chauffage nécessaire diminue — la chaudière ou la PAC peut être dimensionnée plus petite, ce qui réduit le coût d'investissement.

2. Les radiateurs existants, conçus pour une puissance plus élevée, deviennent surdimensionnés par rapport aux nouveaux besoins — ils peuvent donc chauffer le bâtiment à une température de départ plus basse, ce qui améliore le COP de la PAC.

L'isolation ne sert pas qu'à réduire les déperditions — elle permet à la pompe à chaleur de travailler dans ses conditions optimales. Les deux sont indissociables.
Bonne pratique : vérifier la température de départ actuelle avant tout projet PAC La première étape d'un projet de remplacement par PAC est de mesurer (ou calculer) la température de départ actuelle du circuit à la journée froide de dimensionnement. Si elle dépasse 55 °C, une PAC seule n'est pas viable sans action sur l'enveloppe ou sur les émetteurs. NRG positive effectue ce diagnostic dans le cadre de ses études de remplacement : bilan des déperditions actuelles, calcul de la température de départ nécessaire, identification des travaux d'enveloppe prioritaires pour descendre sous 50 °C.

Que faire si les émetteurs actuels sont des radiateurs haute température ?

Option A — La plus robuste
Isolation de l'enveloppe + remplacement émetteurs
Isolation façades (ITE ou ITI), toiture, plancher bas — puis remplacement des radiateurs par des émetteurs basse température (panneaux plats surdimensionnés ou plancher chauffant). Cette séquence permet d'installer une PAC dimensionnée à la puissance post-isolation, avec un COP optimal. C'est le scénario le plus cohérent thermodynamiquement et économiquement sur 20 ans.
Option B — Pragmatique
Isolation partielle ciblée + PAC haute température
Isolation de la toiture et du plancher bas en priorité (meilleur rapport coût/gain), puis PAC air/eau haute température (modèles spécifiques pouvant aller jusqu'à 65–70 °C avec COP dégradé ~2,5). Cette option est une transition — elle améliore le bilan carbone immédiatement, avec un engagement de poursuite de l'isolation dans une 2ème étape. Le dimensionnement doit anticiper la puissance post-isolation finale.
Option C — À éviter
PAC sans isolation, sans modification des émetteurs
La PAC tourne à haute température toute la saison froide, avec un COP proche de 2,0 ou moins. Le bénéfice économique sur la facture d'énergie est minimal voire nul (l'électricité coûte plus cher que le gaz au kWh). Le propriétaire a investi 25 000–40 000 CHF pour un résultat décevant. C'est précisément le scénario contre lequel ce dossier met en garde — voir section suivante.

Remplacer la chaudière sans toucher l'enveloppe : le piège du dimensionnement

C'est le scénario le plus courant dans le parc genevois existant. Sous la pression réglementaire (brûleur trop vieux, autorisation à demander) ou sous l'impulsion d'un installateur, le propriétaire remplace sa chaudière gaz par une PAC air/eau sans s'interroger sur l'état de l'enveloppe. Le résultat est presque toujours décevant — et parfois coûteux.

Ce qui se passe techniquement

Problème 1 — Dimensionnement sur les déperditions actuelles
La PAC est trop grande pour ce qu'elle devrait être
L'installateur dimensionne la PAC sur les déperditions thermiques actuelles du bâtiment (non isolé) — typiquement 30 à 80 kW pour un immeuble de 10 à 20 logements. Si l'isolation est réalisée dans les 5 ans suivants, les déperditions chutent de 40 à 60 % — la PAC est alors massivement surdimensionnée. Elle fonctionne en tout/rien avec des cycles courts (phénomène de cyclage), ce qui dégrade sa fiabilité et son COP réel de 15 à 25 %.
Problème 2 — Température de départ incompatible
Les radiateurs existants exigent 65–70 °C, la PAC n'est pas faite pour ça
Sans isolation ni remplacement des émetteurs, le circuit de chauffage doit fonctionner à 65–70 °C par grand froid pour couvrir les déperditions élevées avec des radiateurs de taille standard. Une PAC air/eau standard voit son COP chuter à 1,8–2,2 dans ce régime. La facture électrique est élevée et le retour sur investissement (annoncé à 7–10 ans) ne se concrétise pas.
Problème 3 — Appoint électrique fréquent
En dessous de –5 °C, la PAC ne suffit pas et l'appoint s'enclenche
Les PAC air/eau ont une puissance qui diminue avec la température extérieure. Dans un bâtiment non isolé avec des déperditions élevées, le point bivalent (température à partir de laquelle la PAC seule ne suffit plus) se situe souvent autour de –2 à +2 °C — soit plusieurs dizaines de nuits par hiver genevois. L'appoint électrique direct (COP = 1, coût maximal) compense le déficit. La consommation électrique des semaines froides explose.
Problème 4 — Inconfort perçu
Les occupants se plaignent — le propriétaire investit à nouveau
Dans les logements mal isolés avec PAC mal dimensionnée, les occupants perçoivent un inconfort en période froide (températures intérieures instables) et des bruits de l'unité extérieure. Les plaintes remontent à la régie, qui doit intervenir. Dans certains cas, des appoints électriques mobiles sont installés par les occupants — ce qui annule tout bénéfice énergétique et augmente le risque électrique.
Le chiffre qui résume le problème Un immeuble genevois de 15 logements non isolé (IDC actuel : 180 kWh/m²·an / 648 MJ/m²·an) qui installe une PAC air/eau sans isolation peut espérer un COP réel annuel de 1,8 à 2,2. À ce niveau, le coût de l'énergie de chauffage par kWh utile est comparable — voire supérieur — à celui d'une chaudière gaz efficiente. Le propriétaire a investi 35 000–50 000 CHF pour un résultat thermique quasi identique. S'il avait intégré 80 000 CHF d'isolation dans le même projet, la PAC aurait fonctionné à COP 3,5 et l'IDC serait descendu sous 90 kWh/m²·an (324 MJ/m²·an) — avec des aides couvrant 30 à 50 % du coût total.

Le bon ordre de décision — trois étapes avant de commander la PAC

Étape 1 — Évaluer l'enveloppe
CECB ou bilan thermique : où en est le bâtiment ?
Un CECB (Certificat Énergétique Cantonal des Bâtiments) ou un bilan thermique simplifié donne la déperdition actuelle, l'IDC théorique et le potentiel d'amélioration par l'enveloppe. À Genève, le CECB est obligatoire pour de nombreuses demandes d'aides et pour certaines ventes. C'est le point de départ incontournable de tout projet de remplacement ambitieux.
Étape 2 — Définir la trajectoire enveloppe
Quelles isolations, dans quel ordre, sur quel horizon ?
Même si tout ne peut pas être fait simultanément (budget, locataires en place, copropriété), il faut définir la trajectoire sur 5 à 10 ans : isolation toiture (priorité 1), isolation plancher bas si accessible (priorité 2), isolation façades par l'extérieur ou par l'intérieur selon le contexte. Cette trajectoire conditionne le dimensionnement correct de la future PAC — dimensionnée sur la puissance post-isolation cible, pas sur la puissance actuelle.
Étape 3 — Dimensionner et choisir le système de chauffage
La puissance, la source, les émetteurs — dans cet ordre
Avec la trajectoire d'isolation définie, on peut calculer la puissance de chauffage nécessaire à terme, choisir le système le plus adapté (CAD si disponible, PAC géothermique si faisable, PAC air/eau sinon), et décider si les émetteurs actuels peuvent fonctionner à basse température ou s'ils doivent être remplacés. C'est cette séquence — et seulement elle — qui garantit un investissement cohérent.
Chauffer est la compensation des erreurs de la construction. Remplacer la chaudière sans corriger ces erreurs, c'est changer de combustible sans changer de problème.

Aides SIG, Programme Bâtiments et subventions cantonales

La transition du fossile vers le renouvelable est soutenue par un empilement d'aides qui, bien combinées, peuvent couvrir 30 à 50 % du coût d'un projet intégré enveloppe + système de chauffage. La condition : avoir une vision d'ensemble du projet avant de déposer les demandes, car certaines aides ne sont pas cumulables a posteriori.

Aides SIG — eco21 Genève

Prestation / Installation Aide SIG indicative Condition principale
PAC air/eau (remplacement fossile) 2 000–5 000 CHF selon puissance Remplacement d'un système fossile existant, puissance ≥ 5 kW
Raccordement CAD (GeniLac / CADIOM) Aide spécifique par contrat SIG Disponibilité réseau confirmée ; contrat de fourniture SIG
Chauffe-eau thermodynamique Selon programme eco21 en vigueur Remplacement boiler électrique à résistance
Solaire thermique (ECS) Selon surface capteurs En complément d'un système de chauffage renouvelable

Montants indicatifs basés sur les programmes eco21 SIG en vigueur à juin 2026. Les conditions et montants exacts sont à vérifier sur sig-ge.ch/eco21 ou auprès du guichet écoénergie SIG avant tout engagement. Les programmes peuvent évoluer en cours d'année.

Programme Bâtiments — Confédération + Canton de Genève

Le Programme Bâtiments (programme-batiments.ch) est cofinancé par la taxe sur le CO₂ et les cantons. À Genève, un accord de programme cantonal spécifique s'additionne à l'aide fédérale de base. Les modules les plus pertinents pour la sortie du fossile :

Module Objet Aide indicative
Module 5b PAC (systèmes sans air extrait) : PAC air/eau, sol/eau, eau/eau Par kW de puissance nominale — vérifier le tarif annuel sur le site
Module 5c PAC avec récupération de chaleur sur air extrait (VMC) Par kW de puissance nominale
Module 4b Chaudière à biomasse (granulés, copeaux) Par kW de puissance nominale
Module 1 Isolation de l'enveloppe (façades, toiture, plancher) Par m² isolé selon épaisseur — cumulable avec les modules 4/5
Module 2 Remplacement des fenêtres (Uw ≤ 1,0 W/m²K recommandé) Par m² de surface vitrée

Les montants du Programme Bâtiments sont révisés annuellement. Toujours vérifier les conditions en vigueur sur programme-batiments.ch avant de déposer une demande. À Genève, l'aide cantonale s'additionne à l'aide fédérale — le cumul peut représenter 20 à 35 % du coût de l'installation selon le module.

L'ordre des demandes est crucial La règle d'or du Programme Bâtiments : la demande d'aide doit être déposée et l'accord reçu avant le début des travaux. Un projet commencé sans demande préalable n'est plus éligible. Pour les projets combinant plusieurs modules (isolation + PAC), une seule demande globale est possible — et c'est souvent la voie la plus efficace. NRG positive accompagne ses clients dans la constitution de ces dossiers dans le cadre de ses prestations AMO.
Suisse romande hors Genève Vaud, Valais, Fribourg et Neuchâtel bénéficient des mêmes modules du Programme Bâtiments fédéral. Les aides cantonales s'ajoutent selon les accords de programme propres à chaque canton — les montants varient. Le CECB est dans tous ces cantons la pièce maîtresse des demandes d'aides. Vérifier sur le site du Programme Bâtiments (programme-batiments.ch) le détail par canton.
France voisine (Ain, Haute-Savoie) MaPrimeRénov' finance la PAC air/eau, la PAC géothermique et la chaudière à granulés selon les revenus du ménage et la classe DPE du logement. Les chaudières gaz à condensation sont exclues depuis 2024. Les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie) s'additionnent via les obligés de l'énergie. L'éco-PTZ (éco-prêt à taux zéro) permet de financer le reste à charge. Conditions : travaux réalisés par un professionnel RGE.

Ce que posent les propriétaires et les professionnels

Ma chaudière gaz a 18 ans et fonctionne encore bien. Dois-je déjà anticiper le remplacement ?

Oui — et c'est précisément le bon moment pour agir. Dans 2 ans, la chaudière atteindra les 20 ans qui font basculer tout remplacement dans la catégorie « transformation soumise à autorisation » (REn art. 13M al. 3). Anticiper maintenant permet de choisir la solution sereinement, de planifier les éventuels travaux d'enveloppe associés, de déposer les demandes d'aides avant les travaux, et d'éviter de se retrouver en urgence face à une panne en plein hiver avec une pression réglementaire et des délais d'installation contraints.

Mon immeuble n'est pas dans le périmètre GeniLac ou CADIOM. Quelle est ma meilleure option ?

Si le raccordement au CAD n'est pas possible, la PAC air/eau est la voie la plus fréquente — à condition que la température de départ puisse descendre sous 50 °C, ce qui implique dans la quasi-totalité des cas une action sur l'enveloppe (au minimum l'isolation de la toiture et du plancher bas). Si le terrain le permet et que les délais ne sont pas contraints, la PAC géothermique sur sondes offre un COP supérieur et une durée de vie plus longue. Dans un bâtiment dont l'enveloppe ne peut pas être améliorée à court terme (bâtiment classé, copropriété bloquée), une chaudière à granulés peut être une transition pertinente — elle fonctionne à haute température et reste décarbonée si la filière est certifiée ENplus A1.

Nous sommes une copropriété genevoise avec des avis divergents sur le remplacement de la chaudière. Comment débloquer la décision ?

La décision de remplacement du système de chauffage est une décision d'administration de la copropriété — elle relève en général de la majorité qualifiée en assemblée de copropriétaires. Un audit technique indépendant présentant les options avec leurs coûts, leurs aides et leurs risques réglementaires est souvent le meilleur débloqueur : il transforme une discussion de valeurs en décision sur des faits. La pression réglementaire (obligation d'autorisation) peut également être un argument factuel utile pour orienter le débat. NRG positive rédige des rapports d'étude adaptés à la présentation en assemblée de copropriété.

Quelle est la différence pratique entre une PAC air/eau et une PAC géothermique ?

La PAC air/eau puise sa chaleur dans l'air extérieur : son COP varie en fonction de la température extérieure (meilleur l'été, plus dégradé en grand froid). Elle est plus rapide à installer (3–6 mois) et moins coûteuse en investissement initial, mais nécessite une unité extérieure et est sensible au bruit. La PAC géothermique puise dans le sol (sondes verticales à 80–150 m de profondeur, où la température est constante à ~12 °C) : son COP est plus stable et plus élevé, elle est silencieuse et sans unité extérieure visible. Son inconvénient principal est le coût des forages et les délais d'autorisation (GESDEC, 6–12 mois). Pour un immeuble genevois standard en zone périurbaine avec espace suffisant, la PAC géothermique est souvent le meilleur choix technique sur 20 ans — si les délais le permettent.

Les aides SIG et Programme Bâtiments sont-elles cumulables ?

Oui — les aides SIG eco21 et les aides du Programme Bâtiments sont en principe cumulables pour les installations de chauffage renouvelable à Genève. Le Programme Bâtiments est lui-même un empilement d'une aide fédérale et d'un complément cantonal genevois. En revanche, certaines aides cantonales ou communales spécifiques peuvent avoir des clauses d'exclusivité — à vérifier au cas par cas. La règle opérationnelle : déposer toutes les demandes d'aides avant les travaux, en informant chaque organisme des autres demandes en cours. Un conseil en montage de dossier en amont peut permettre d'optimiser l'enveloppe d'aides de façon significative.

Peut-on installer une PAC dans un bâtiment classé ou protégé à Genève ?

Oui, mais avec des contraintes spécifiques. L'unité extérieure d'une PAC air/eau peut poser problème esthétique et sonore en zone protégée (vieille-ville, périmètre ISOS, bâtiment inscrit à l'inventaire). Dans ces cas, la PAC géothermique (pas d'unité extérieure visible) ou le raccordement au CAD sont souvent les solutions privilégiées. L'OCEN et le SABRA (Service des autorisations de construire) peuvent être consultés en phase de projet pour valider la faisabilité avant engagement. NRG positive a l'expérience de ces contextes contraints dans Genève intra-muros.

Combien coûte une étude de remplacement intégrée enveloppe + chauffage ?

Une étude de remplacement NRG positive couvre : analyse CECB ou bilan thermique du bâtiment existant, calcul des déperditions actuelles et projetées post-isolation, identification des alternatives de chauffage adaptées (avec vérification disponibilité CAD), analyse des aides SIG et Programme Bâtiments applicables, et rapport de synthèse présentable en assemblée de propriétaires ou de copropriétaires. Le coût varie selon la taille du bâtiment et la complexité du projet — entre 2 500 et 6 000 CHF pour un immeuble de 10 à 30 logements. Ce coût est éligible aux aides AMO du Programme Bâtiments dans certains cas. Parler de votre projet →

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