Publié le 1er août 2026 Canicules genevoises 14 min de lecture Passivhaus · Minergie 2026.1 · LEn GE DRY 2035 MeteoSuisse Mise à jour juin 2026

Confort d'été à Genève : ne pas climatiser ce qu'on pouvait ne pas surchauffer

Trois canicules en dix ans ont changé la donne à Genève. Un bâtiment HPE ou Minergie bien isolé peut devenir étouffant en été si le confort estival n'a pas été traité dès l'avant-projet. Protections solaires extérieures, inertie thermique, surventilation nocturne, géocooling GeniLac : les solutions existent, elles s'articulent, et elles s'intègrent d'autant mieux qu'elles sont décidées tôt.

Dans ce dossier

Genève face aux canicules : des étés qui s'allongent

Genève présente un microclimat particulier : ville de piémont entre Alpes et Jura, elle combine des étés chauds et secs avec un effet d'îlot de chaleur urbain marqué dans les quartiers denses. Les données MeteoSuisse montrent une augmentation de la fréquence et de l'intensité des vagues de chaleur depuis les années 2000. Les étés 2003, 2015, 2019, 2022 et 2023 ont tous enregistré plusieurs semaines de températures nocturnes dépassant 20 °C en ville — la limite au-delà de laquelle la surventilation nocturne perd de son efficacité.

Cette réalité climatique a une conséquence directe sur la conception des bâtiments : un bâtiment très bien isolé — ce qui est une excellente chose pour l'hiver — peut se transformer en thermos en été si les apports solaires ne sont pas maîtrisés dès la conception. Le même niveau d'isolation qui réduit les déperditions hivernales ralentit aussi l'évacuation de la chaleur diurne si aucune stratégie de protection et de dissipation n'a été intégrée.

+4 à +6 °C
température intérieure au-dessus de l'extérieur possible en journée dans un bâtiment mal protégé, enveloppe très isolée sans protection solaire
≤ 10 %
critère Passivhaus : part des heures annuelles dépassant 25 °C en température opérative intérieure (PHI, vérifié juin 2026)
DRY 2035
données météo de référence Minergie 2026.1 pour le calcul du confort d'été — scénario climatique +1,5 °C vs période 1981–2010
≤ 1 250 DH
degrés-heures surchauffe maxi en France RE2020 catégorie I (logement courant) — critère équivalent côté français de la frontière

Les quatre vecteurs d'apports de chaleur estivale

Levier principal
Apports solaires directs par vitrage
Un triple vitrage orienté sud avec facteur solaire g = 0,50 laisse passer 500 W/m² en pleine journée d'été. Sur une façade de 30 m² de vitrages, c'est 15 kW d'apports solaires — l'équivalent de plusieurs centaines de radiateurs de bain. La protection solaire extérieure est le seul moyen efficace de couper ce flux avant qu'il ne pénètre dans la masse du bâtiment.
Levier important
Apports internes (occupants, appareils)
Dans un logement de 80 m², les apports internes (occupants : 80–100 W/pers., électroménager, éclairage) représentent 300 à 600 W en continu. Dans un bâtiment très bien isolé où l'enveloppe ne dissipe pratiquement plus de chaleur vers l'extérieur, ces apports s'accumulent. La VMC double flux, optimale en hiver, n'évacue pas seule cette chaleur en été — c'est le rôle de la surventilation nocturne.
À surveiller
Transmission par l'enveloppe opaque
Une toiture ou une paroi fortement insolée transmet de la chaleur par conduction. Avec une bonne isolation (U ≤ 0,15 W/(m²K)), ce flux est faible en valeur absolue, mais le déphasage thermique — le délai entre l'insolation extérieure et l'échauffement intérieur — dépend de l'inertie de la paroi. Une paroi légère et très isolée peut présenter un déphasage de seulement 3–4 heures.
Maîtrisable
Ventilation de jour — air chaud entrant
Quand la température extérieure dépasse la température intérieure (souvent dès 10 h en canicule), toute ouverture de fenêtre introduit de l'air chaud. La VMC double flux avec by-pass ou échangeur géothermique permet de ventiler sans réchauffer l'air entrant — à condition que le by-pass soit correctement géré (activation automatique ou manuelle éclairée).
Genève — ville de Suisse romande la plus exposée La plaine genevoise cumule : altitude basse (370 m), Jura au nord bloquant la ventilation, exposition sud-ouest, îlot de chaleur urbain dans les quartiers denses (+ 2 à 3 °C vs zones péri-urbaines la nuit). Les données DRY 2035 MeteoSuisse intègrent ce contexte géographique spécifique — c'est pourquoi la station météo de référence pour les calculs genevois doit être Genève-Cointrin et non une station régionale générique.

Protections solaires extérieures et facteur g : couper avant d'entrer

La règle est simple et invariable : une protection solaire extérieure est 3 à 5 fois plus efficace qu'une protection intérieure. Un store intérieur ou des rideaux ne font que transformer le rayonnement solaire en chaleur convective à l'intérieur du vitrage — la chaleur est déjà entrée. Un store extérieur ou des volets coupent le rayonnement avant qu'il ne traverse le vitrage.

Le facteur solaire g — comprendre le chiffre

Le facteur solaire g (ou facteur de transmission solaire totale) exprime la fraction du rayonnement solaire incident qui pénètre réellement dans le bâtiment — à travers le vitrage seul, ou à travers la combinaison vitrage + protection solaire. Il est sans unité et s'exprime en fraction (0,50) ou en pourcentage (50 %).

Dispositif Facteur g total Réduction flux solaire Remarque
Triple vitrage seul, g = 0,50 0,50 Référence Gamme courante Passivhaus
+ Store extérieur en tissu (Fc = 0,15) ≈ 0,075 – 85 % Solution standard, efficace
+ Volet persienne extérieur fermé (Fc ≈ 0,05) ≈ 0,025 – 95 % Maximum d'efficacité, obscurité totale
+ Store vénitien extérieur en aluminium (Fc ≈ 0,12) ≈ 0,060 – 88 % Lumière du jour conservée partiellement
+ Store intérieur occultant (Fc ≈ 0,55) ≈ 0,275 – 45 % seulement Chaleur déjà entrée dans la pièce
+ Film solaire intérieur sur vitrage (Fc ≈ 0,45) ≈ 0,225 – 55 % seulement Problème potentiel de contraintes thermiques sur vitrage
Fc = coefficient de correction de la protection solaire selon EN ISO 52016-1. g total = g vitrage × Fc. Sources : PHI, SIA 2028:2010 (données météo CH, correctifs C1:2015 / C2:2023).

PHI Passivhaus — recommandation facteur g vitrage

L'Institut Passivhaus recommande pour le vitrage en zone tempérée froide (dont Genève) un facteur solaire g compris entre 50 et 55 % pour l'hiver — valeur qui maximise les apports solaires passifs en chauffage. Ce même vitrage nécessite, en été, une protection extérieure efficace : ce n'est pas le verre qu'on change entre les saisons, c'est la protection extérieure qu'on actionne.

Recommandation PHI vérifiée — juin 2026 Facteur solaire g vitrage recommandé : 50–55 % (source : passivehouse.com, critères PHI 2016+). Ce g élevé est optimal pour le chauffage passif en hiver. Il implique impérativement une protection solaire extérieure motorisée et une régulation solaire automatique (capteur de rayonnement + anémomètre) pour l'été.

Orientations : toutes les façades ne sont pas égales

Orientation Rayonnement maximal Heure solaire critique Priorité protection
Sud 600–800 W/m² 12 h–14 h (angle élevé) Haute, mais gérable avec débord fixe + store
Ouest 700–850 W/m² 15 h–18 h (angle rasant) Critique — angle bas impossible à couper avec débord fixe seul
Est 700–850 W/m² 7 h–10 h (angle rasant) Important — même problème que l'ouest
Nord < 100 W/m² Solstice d'été, matin/soir seulement Faible priorité
Rayonnement solaire sur façade verticale, été, région genevoise. La façade ouest est la plus difficile à protéger passivement — le soleil de fin d'après-midi frappe presque horizontalement.

Automatisation : la clé de l'efficacité réelle

Une protection solaire extérieure motorisée non automatisée est une protection solaire qui ne sera pas actionnée aux bons moments. La séquence logique d'automatisation est : capteur de rayonnement (seuil de déclenchement typique : 200–300 W/m²) + capteur de vent (repli automatique au-delà de 15–20 m/s) + commande manuelle toujours prioritaire. Cette régulation solaire peut être intégrée à la GTB ou gérée par un automate indépendant peu coûteux.

Un store extérieur motorisé et automatisé coûte 150 à 300 CHF de plus qu'un store à commande manuelle. Il vaut probablement cinq fois plus en termes de confort réel — parce qu'il fonctionne quand personne n'est là pour l'actionner.
En Suisse romande et France voisine En Valais, Vaud ou dans l'Ain et la Haute-Savoie, les enjeux sont similaires. La RE2020 (France) impose un critère de degrés-heures surchauffe ≤ 1 250 DH pour la catégorie I (logement courant) — un seuil qui implique presque systématiquement des protections solaires extérieures sur les façades est/ouest/sud en zone H1c (Grenoble, Annecy) ou H1a (Genève côté français). Le calcul DH RE2020 utilise les données météo de la station de référence régionale — vérifier Bron (Lyon) ou Grenoble selon la localisation.

Inertie thermique : stocker la fraîcheur nocturne pour l'étirer dans la journée

L'inertie thermique d'un bâtiment, c'est sa capacité à stocker de l'énergie thermique et à la restituer avec un décalage dans le temps. En été, l'objectif est de stocker la fraîcheur accumulée pendant la nuit (via la surventilation) et de la restituer progressivement pendant la journée chaude. Plus la masse thermique est importante, plus le déphasage est long — et plus la température intérieure reste stable.

Masse thermique — les matériaux qui comptent

Matériau Densité (kg/m³) Cp (J/kg·K) Capacité thermique vol. Pertinence été
Béton lourd 2 300 880 2 024 kJ/(m³·K) Excellent
Brique pleine 1 800 840 1 512 kJ/(m³·K) Très bon
Pierre calcaire 2 200 900 1 980 kJ/(m³·K) Excellent
Terre cuite (blocs) 1 200 840 1 008 kJ/(m³·K) Moyen
Bois massif 500 1 600 800 kJ/(m³·K) Moyen — bon Cp mais faible densité
Dalle béton 20 cm (plancher actif) ~400 kJ/m² de dalle Excellent si visible (sans revêtement épais)
Ossature bois légère + laine de verre < 100 < 100 kJ/(m³·K) Insuffisant seul — nécessite contrepoids masse interne
La capacité thermique surfacique des parois intérieures (en contact avec l'air intérieur) est plus déterminante que celle des parois extérieures. Un plancher béton apparent contribue plus à l'inertie utile qu'un mur extérieur béton recouvert d'une épaisse isolation intérieure.

Déphasage et amortissement — deux notions à distinguer

Le déphasage thermique est le délai en heures entre le pic de température extérieure et le pic de température côté intérieur à travers la paroi. Le amortissement est la réduction en amplitude : si l'extérieur oscille entre 20 °C la nuit et 38 °C le jour (ΔT = 18 K), un amortissement de 0,2 signifie que l'intérieur oscille de 3,6 K seulement autour de sa moyenne. Ces deux grandeurs dépendent à la fois de l'isolation et de la masse thermique.

Règle opérationnelle : masse thermique côté chaud de l'isolation En isolation par l'extérieur (ITE) — la solution standard pour les rénovations HPE — toute la masse structurelle (béton, brique, pierre) reste côté chaud, à l'intérieur de l'isolation. C'est favorable à l'inertie utile en été. En isolation par l'intérieur (ITI), la masse structurelle est repoussée côté froid — elle ne contribue plus à l'inertie thermique utile. Cet argument d'inertie s'ajoute aux arguments énergétiques et de limitation des ponts thermiques qui favorisent déjà l'ITE.

Construction bois et confort d'été : un enjeu à prendre au sérieux

Les structures bois légères (CLT, ossature bois) présentent une excellente performance hivernale mais une inertie thermique limitée. Le confort d'été dans un bâtiment bois s'obtient par une combinaison de mesures compensatoires : protections solaires extérieures efficaces (premier levier, incontournable), éventuellement une dalle béton en plancher intermédiaire pour apporter de la masse, et une surventilation nocturne bien dimensionnée. Les constructions bois contemporaines atteignent le critère Passivhaus ≤ 10 % > 25 °C — mais cela demande une attention spécifique dès la phase esquisse.

Surventilation nocturne : exploiter l'écart thermique nuit/jour

La surventilation nocturne — ou free cooling passif — consiste à augmenter fortement le débit d'air ventilé pendant les heures fraîches de la nuit pour refroidir la masse thermique du bâtiment. L'air nocturne froid circule sur les surfaces internes (dalles, murs, plafonds) et extrait leur chaleur accumulée en journée. Le lendemain matin, le bâtiment repart avec un capital de fraîcheur qui retarde et amortit l'échauffement diurne.

Conditions d'efficacité

Condition nécessaire
Écart jour/nuit suffisant
La surventilation nocturne est efficace quand la température nocturne descend en dessous de 20 °C — idéalement 17–19 °C. À Genève, cet écart est présent sur la majorité des nuits d'été hors canicule. Pendant une vague de chaleur avec des nuits à 22–24 °C (comme en 2019 et 2022), l'efficacité diminue fortement et les autres stratégies (géocooling, GeniLac) prennent le relais.
Condition nécessaire
Masse thermique exposée
L'air nocturne refroidit les surfaces en contact avec lui. Une dalle béton recouverte d'un épais parquet ou d'une moquette épaisse ne contribue pratiquement plus à la régulation thermique nocturne. Les surfaces de béton, de béton ciré, de carrelage ou de pierre apparente sont les plus efficaces pour l'échange thermique air/structure.
Condition opérationnelle
Débit d'air et traversée
Un débit de 2 à 5 volumes/heure est nécessaire pour une surventilation nocturne efficace — soit 4 à 10 fois le débit de ventilation hygiénique standard (0,4–0,5 vol/h). Cela nécessite soit des fenêtres ouvretables avec une traversée des locaux (entrée d'un côté, sortie de l'autre), soit une VMC en mode surventilation si elle est dimensionnée pour ce débit.
Point de vigilance
Sécurité, bruit, qualité d'air
Les fenêtres ouvertes la nuit posent des questions de sécurité (intrusion, bruit extérieur urbain, qualité de l'air si pollution ou pollen). Les fenêtres oscillo-battantes en position basculante permettent une ouverture sécurisée avec débit limité. Une VMC avec by-pass nocturne automatique (débit majoré la nuit, bypass récupérateur quand T ext < T int) est la solution la plus maîtrisée pour un immeuble.

Dimensionnement — ordre de grandeur

Pour rafraîchir 1 m² de dalle béton de 20 cm d'épaisseur de 2 K en une nuit de 8 heures, il faut évacuer environ 800 kJ — soit environ 0,22 kWh. Avec de l'air à 18 °C et un écart de 4 K avec la dalle (22 °C), le débit d'air nécessaire est d'environ 50 m³/(h·m²) de dalle. Ces ordres de grandeur confirment qu'une surventilation nocturne efficace nécessite des débits significatifs — et que la VMC hygiénique seule, à 0,4 vol/h, ne peut pas assumer cette fonction.

La surventilation nocturne n'est pas une option de confort : c'est un système actif qui doit être dimensionné, automatisé et maintenu. Un by-pass VMC dont le capteur de température est défaillant, c'est une nuit de free cooling perdue.
Intégration à la VMC double flux — Minergie 2026.1 Le règlement Minergie 2026.1 (SIA 382/1:2025) recommande l'intégration du by-pass nocturne automatique dans les VMC double flux des bâtiments avec besoins de confort d'été. En mode by-pass actif, l'air extérieur froid entre directement sans passer par l'échangeur (dont il serait réchauffé), traverse les locaux et ressort. La commande automatique compare T ext et T int toutes les 10 à 30 minutes et active le by-pass quand T ext < T int − 2 K et T ext < 24 °C.

Géocooling et GeniLac : rafraîchir sans climatiser

Quand les stratégies passives (protections solaires, inertie, surventilation nocturne) ne suffisent plus — canicules prolongées, bâtiments exposés ouest/sud, programmes tertiaires avec forts apports internes — le rafraîchissement actif devient nécessaire. Deux solutions se distinguent par leur sobriété énergétique à Genève : le géocooling sur sondes géothermiques et le réseau GeniLac de SIG.

Géocooling sur sondes géothermiques

Le géocooling (ou free cooling géothermique) exploite la température stable du sol à grande profondeur — entre 11 et 13 °C à 100 m à Genève. L'eau de la sonde géothermique, qui circule naturellement à ces températures, est utilisée directement pour rafraîchir le bâtiment via un plancher chauffant-rafraîchissant ou des ventilo-convecteurs — sans faire fonctionner la pompe à chaleur. La PAC n'est utilisée que si le sol ne suffit pas (canicule longue qui réchauffe progressivement les sondes).

COP > 15
coefficient de performance en mode géocooling passif (pompe de circulation seulement, pas de compresseur) — vs COP 3–4 pour un climatiseur classique
11–13 °C
température du sol à 100 m de profondeur sous Genève — source froide stable tout l'été, rechargée par le chauffage hivernal
Risque condensation
si le plancher rafraîchissant descend sous le point de rosée de l'air intérieur — régulation de la température de départ indispensable (T départ ≥ T rosée + 2 K)
Autorisation
forage géothermique soumis à autorisation cantonale (DGAN à Genève) — à intégrer au calendrier de l'avant-projet

GeniLac — le réseau d'énergie lacustre de SIG

GeniLac est le réseau de chaleur et de froid urbain des Services Industriels de Genève, alimenté par l'eau du lac Léman captée à 45 m de profondeur (température stable d'environ 7 °C toute l'année). C'est une solution de rafraîchissement urbain à très haute efficacité énergétique, disponible dans les secteurs raccordés du centre et du sud-ouest de Genève.

Paramètre GeniLac Valeur / précision
Source d'eau Lac Léman, captage à 45 m de profondeur (température stable d'environ 7 °C toute l'année)
Usage été (froid) Rafraîchissement via réseau de froid urbain — livraison d'eau froide au bâtiment
Usage hiver (chaleur) Pompe à chaleur sur eau de lac — chaleur livrée au réseau chaud GeniLac
EER en mode rafraîchissement > 10 (pompe de distribution seulement, pas de compresseur côté bâtiment si free cooling direct)
Zone de desserte Centre-ville, Plainpalais, Jonction, Carouge, développement vers les Eaux-Vives et Lancy — se référer à la carte SIG pour l'adresse du projet
Compatibilité HPE/Minergie GeniLac reconnu comme source renouvelable — compatible avec l'interdiction des fossiles Minergie 2026.1
Aide SIG Subventions SIG pour raccordement GeniLac — se renseigner auprès de SIG pour le montant en vigueur
Source : sig-ge.ch/genilac. La zone de raccordement GeniLac évolue — vérifier la faisabilité technique avec SIG dès l'avant-projet pour les projets à Genève.
Genève — combinaison optimale pour la rénovation de patrimoine Pour un immeuble locatif en zone couverte GeniLac : raccordement GeniLac pour le chauffage (PAC lac) et le rafraîchissement (free cooling lacustre) + protections solaires extérieures motorisées + surventilation nocturne via VMC by-pass. Cette combinaison permet d'atteindre le critère Passivhaus ≤ 10 % > 25 °C sans aucun compresseur de climatisation en fonctionnement normal, même en canicule. Le label HPE Minergie est accessible avec cette configuration.

Et en Suisse romande et France voisine ?

En dehors de la zone GeniLac, les solutions se déclinent : réseau de chaleur/froid local (Lausanne — CADOL, Sion), géocooling sur sondes (Vaud, Valais, Haute-Savoie) ou PAC air/eau réversible (COP de rafraîchissement de 3–4, moins sobre mais plus universel). En France voisine, les pompes à chaleur réversibles bénéficient de MaPrimeRénov' si elles remplacent un système fossile — le rafraîchissement est alors un bénéfice gratuit associé au remplacement du chauffage.

Critère Passivhaus — surchauffe ≤ 10 % des heures annuelles > 25 °C

L'Institut Passivhaus (PHI, Darmstadt) a défini un critère de confort d'été précis et quantifiable : la part des heures annuelles pendant lesquelles la température opérative intérieure dépasse 25 °C ne doit pas excéder 10 % des heures annuelles d'occupation. C'est le critère de référence international pour le confort d'été dans les bâtiments à très haute performance énergétique.

Que mesure ce critère ?

La température opérative est la moyenne pondérée de la température de l'air intérieur et de la température radiante moyenne des parois environnantes. Elle reflète mieux le confort perçu que la seule température de l'air : une paroi froide (dalle rafraîchie par géocooling) abaisse la température opérative même si l'air est à 26 °C. À l'inverse, une vitre ensoleillée à 45 °C élève la température radiante et donc la température opérative perçue.

Paramètre Valeur PHI Source vérifiée
Critère surchauffe ≤ 10 % des heures annuelles T opérative > 25 °C passivehouse.com, PHI Criteria 2016+, juin 2026
Température de référence 25 °C — température opérative intérieure PHI Criteria 2016+
Part horaire maximale ≤ 876 h/an (10 % de 8 760 h) Calcul PHI
Outil de vérification PHPP (module Été) ou logiciel certifié PHI PHI
Besoin de rafraîchissement (si dépassement) ≤ 15 kWh/(m²a) passivehouse.com, PHI Criteria 2016+, juin 2026
Le besoin de rafraîchissement ≤ 15 kWh/(m²a) est le critère parallèle — symétrique du besoin de chaleur de chauffage ≤ 15 kWh/(m²a). Source vérifiée : passivehouse.com, juin 2026.

Comment le critère est-il calculé ?

Le logiciel PHPP effectue une simulation horaire sur une année meteorologique type (données Passivhaus adaptées à la localisation). Il intègre les apports solaires heure par heure en fonction des orientations, des protections solaires (facteur g réduit), des apports internes, de la ventilation et de l'inertie thermique des parois. Le résultat est exprimé en nombre d'heures annuelles dépassant 25 °C — et en pourcentage du total annuel.

Attention au climat de calcul — DRY 2035 vs données historiques Un calcul PHI réalisé avec des données météo historiques (1981–2010) sous-estime systématiquement la surchauffe pour les projets genevois. Minergie 2026.1 impose les données DRY 2035 MeteoSuisse — des données synthétiques qui représentent un été typique avec réchauffement climatique de +1,5 °C intégré. Pour les projets certifiés Minergie 2026.1, ces données sont obligatoires. Pour les projets PHI, l'utilisation des données DRY 2035 est une bonne pratique recommandée par NRG positive.

Passivhaus vs Minergie vs RE2020 — trois critères à comprendre ensemble

Référentiel Critère confort d'été Données météo Territoires
Passivhaus (PHI) ≤ 10 % heures > 25 °C (T opérative) ET besoin froid ≤ 15 kWh/(m²a) Données météo Passivhaus (localisation) International
Minergie 2026.1 Critère thermique été (T opérative) — via SIA 380/1:2016 ou EN ISO 52016-1 DRY 2035 MeteoSuisse obligatoire Suisse — GE, VD, VS, FR…
HPE/THPE (LEn GE) Renvoi Minergie → critères Minergie applicables DRY 2035 MeteoSuisse Genève uniquement
RE2020 Degrés-heures surchauffe ≤ 1 250 DH cat. I Données météo stations FR (Bron, Grenoble…) France — Ain, Haute-Savoie…
Les critères ne sont pas directement comparables (méthodes différentes) mais convergent vers la même exigence de fond : protections solaires extérieures + inertie + ventilation nocturne dimensionnées dès l'avant-projet. Valeurs vérifiées sur _STANDARDS_VEILLE.md, juin 2026.

DRY 2035 MeteoSuisse et réglementation : ce que le calcul doit intégrer

Minergie 2026.1 a introduit une rupture méthodologique importante : le calcul du confort d'été ne peut plus se faire sur des données météo historiques. Il doit utiliser les données DRY 2035 (Design Reference Year 2035) de MeteoSuisse — des données synthétiques construites pour représenter un été type dans les conditions climatiques de 2035, intégrant le réchauffement observé et projeté.

Qu'est-ce que le DRY 2035 ?

Le DRY 2035 est un fichier météo horaire sur une année complète, construit par MeteoSuisse à partir d'une combinaison de données observées et de projections climatiques. Il représente les conditions météo typiques — et non les conditions extrêmes — d'une année en 2035. Pour Genève-Cointrin, il intègre des étés plus chauds et des nuits estivales moins fraîches que les données historiques 1981–2010. C'est l'année météo de calcul imposée par Minergie 2026.1 pour tous les projets suisses certifiés.

Pourquoi les données historiques sous-estiment la surchauffe Un bâtiment calculé avec des données météo des années 1990 peut paraître conforme au critère de surchauffe — mais il a été optimisé pour un été qui n'existe plus. Les étés genevois 2019–2024 correspondent déjà à des conditions proches du DRY 2035. Utiliser les données actualisées n'est pas du conservatisme — c'est calibrer le bâtiment pour les conditions réelles dans lesquelles il vivra les 30 à 50 prochaines années de son exploitation.

Contexte réglementaire trinôme : Genève — Suisse romande — France voisine

Genève — LEn / REn / LCI
Confort d'été dans le contexte genevois
HPE (LEn art. 15 al. 1) → équivalent Minergie → critère confort d'été Minergie 2026.1 avec DRY 2035. Isolation thermique selon SIA 180:2014 + SIA 380/1:2016 (REn art. 12E). VMC double flux avec récupérateur obligatoire pour les débits > 1 000 m³/h (REn art. 12G). SIG propose des aides pour le raccordement GeniLac — vérifier sig-ge.ch pour les montants en vigueur.
Suisse romande — Minergie 2026.1
Standard national suisse
Minergie 2026.1 impose le DRY 2035 MeteoSuisse pour le confort d'été sur l'ensemble du territoire suisse. Fossiles interdits pour le chauffage (Minergie, Minergie-P, Minergie-A). SIA 382/1:2025 pour la ventilation. Monitoring obligatoire pour les bâtiments SRE > 1 000 m² — ce qui couvre la majorité des immeubles collectifs genevois et romands.
France voisine — RE2020
Degrés-heures surchauffe DH
RE2020 (en vigueur depuis 01/01/2022) : critère DH ≤ 1 250 degrés-heures pour la catégorie I (logements courants). Bbio < seuil selon zone H1c pour l'Ain/Haute-Savoie. Facteur énergie primaire électricité : fp = 2,3 (vs 2,0 en Suisse). Les solutions de rafraîchissement actif doivent être intégrées dans le calcul Cep,nr si leur consommation électrique est significative.
Instruments genevois
OCEN, SIG et Programme Bâtiments
L'OCEN (Office cantonal de l'énergie) pilote les exigences HPE/THPE sur les nouvelles constructions et rénovations importantes. SIG propose des aides financières pour les équipements sobres en énergie : protections solaires motorisées (sous conditions), PAC lac, raccordement GeniLac. Le Programme Bâtiments (fédéral) subventionne les rénovations atteignant Minergie-P (THPE).

Décider dès l'avant-projet : le moment où tout reste possible

Avant-projet (APS)
Simulation préliminaire confort d'été
Choix des orientations, des surfaces vitrées, du type de structure (inertie), du système de rafraîchissement. Vérification de faisabilité GeniLac ou géocooling. C'est ici que se joue l'essentiel — toutes les options sont ouvertes, les surcoûts de modification sont nuls.
Projet (APD)
Calcul PHPP ou EN ISO 52016-1 (DRY 2035)
Calcul complet avec données DRY 2035 et détail des protections solaires (facteur g, Fc, automatisation). Dimensionnement de la surventilation nocturne. Vérification du critère ≤ 10 % > 25 °C ou DH ≤ 1 250. Ajustements encore possibles à coût modéré.
Dossier de demande d'autorisation
Intégration au bilan CECB / Minergie
Les protections solaires doivent être mentionnées dans le dossier Minergie avec leur facteur g et leur Fc. Le type de pilotage (manuel, automatique, GTB) peut influencer les points du bilan. À Genève, l'autorisation du forage géothermique (DGAN) doit être demandée en parallèle si géocooling prévu.
Chantier et réception
Vérification de mise en œuvre et réglage
Contrôle de la mise en œuvre des protections solaires (correspondance avec les spécifications), réglage de l'automatisme (seuils de déclenchement, repli vent), paramétrage du by-pass VMC nocturne, test de la chaîne de régulation GeniLac ou géocooling.

FAQ — Questions posées en phase avant-projet

Un bâtiment très bien isolé est-il forcément inconfortable en été ?
Non — c'est un mythe tenace. Un bâtiment Passivhaus ou Minergie-P bien conçu atteint le critère ≤ 10 % > 25 °C même en canicule genevoise. La condition nécessaire est que le confort d'été ait été traité comme une exigence de conception dès l'avant-projet — protections solaires extérieures, inertie thermique, surventilation nocturne et, si nécessaire, géocooling ou GeniLac. La bonne isolation est neutre vis-à-vis du confort d'été si les apports solaires sont maîtrisés.
Peut-on faire du géocooling à Genève ? Y a-t-il des contraintes spécifiques ?
Oui, le géocooling est possible à Genève. Il nécessite une autorisation de forage délivrée par la Direction générale de l'environnement et des activités nocives (DGAN) du canton. Les zones autorisées et les profondeurs maximales dépendent de la géologie locale — la nappe phréatique genevoise impose des contraintes spécifiques dans certains secteurs. Cette demande doit être initiée en phase avant-projet pour éviter tout retard en phase d'autorisation de construire. NRG positive peut accompagner cette démarche dans le cadre d'une mission AMO.
Mon projet est hors zone GeniLac. Quelle est la meilleure alternative ?
Pour les projets hors zone GeniLac à Genève ou en Suisse romande : le géocooling sur sondes géothermiques (si forage autorisé) offre la meilleure efficacité (COP > 15 en free cooling). En l'absence de géothermie, une PAC air/eau réversible avec COP de rafraîchissement de 3–4 reste sobre comparée à une climatisation directe à détente (COP ≈ 2–3). Dans tous les cas, les stratégies passives (protections solaires + surventilation nocturne) doivent être optimisées en premier — elles réduisent les besoins de rafraîchissement actif et le dimensionnement des équipements.
Le store extérieur déjà installé sur le bâtiment existant est-il suffisant ?
Cela dépend de son état, de son facteur g réduit réel et de son système de commande. Un store en tissu dégradé peut avoir un Fc nettement supérieur à sa valeur initiale (tissu déchiré, déformation des lames). Une commande manuelle sans automatisme sera rarement actionnée aux moments les plus utiles. L'évaluation des protections solaires existantes fait partie de l'état des lieux d'une mission AMO confort d'été — et le remplacement d'un store manuel vieillissant par un store motorisé et automatisé est généralement la mesure avec le meilleur rapport efficacité/coût.
La VMC double flux est-elle utile en été ou faut-il la désactiver pendant les canicules ?
La VMC double flux est utile en été si elle est équipée d'un by-pass nocturne fonctionnel. Le principe : la nuit (T ext < T int − 2 K et T ext < 24 °C), le by-pass s'active et l'air extérieur froid entre directement sans passer par l'échangeur. Le jour (T ext > T int ou T ext > 24 °C), le by-pass se ferme et l'échangeur agit en tampon thermique. En l'absence de by-pass (VMC simple, ou by-pass non fonctionnel), arrêter la VMC en journée de canicule et ouvrir les fenêtres la nuit reste préférable — mais c'est une solution dégradée.
Le critère DRY 2035 est-il obligatoire pour un projet HPE genevois non certifié Minergie ?
Le DRY 2035 est obligatoire dans le cadre d'une certification Minergie 2026.1. Pour un projet HPE genevois sans certification Minergie, l'obligation réglementaire directe porte sur le critère thermique selon SIA 380/1:2016 et REn. En pratique, NRG positive recommande d'utiliser les données DRY 2035 pour tous les projets genevois, certifiés ou non — car ces données représentent les conditions réelles dans lesquelles le bâtiment sera exploité. Un calcul avec des données historiques peut sous-estimer la surchauffe de 30 à 50 % pour les étés genevois actuels.
Peut-on intégrer le confort d'été dans une rénovation par étapes ?
Oui, avec une logique de priorisation. L'étape 1 systématique est toujours l'installation de protections solaires extérieures motorisées — faible coût, impact immédiat, aucune intervention sur l'enveloppe. L'étape 2, concomitante ou suivante, est l'optimisation du système de ventilation (by-pass nocturne si VMC DF en place, ou remplacement VMC simple par VMC DF avec by-pass). L'étape 3 (géocooling ou GeniLac) intervient si les étapes 1 et 2 ne suffisent pas à tenir le critère ≤ 10 % > 25 °C, ou si un système géothermique est de toute façon prévu pour le chauffage — le géocooling devient alors un bonus à coût marginal très faible.

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