Publié le 1er octobre 2027 13 min de lecture HPE · Minergie® · IDC genevois VMC · Régulations · Occupants Mise à jour juin 2026

AMU : accompagner les occupants pour que la rénovation performante tienne ses promesses

Un bâtiment rénové HPE ou Minergie® peut dériver de 20 à 40 % au-dessus de ses performances théoriques si les occupants ne sont pas accompagnés. La VMC double flux obturée, les stores remontés en plein soleil, le thermostat réglé à 24 °C en toutes saisons — ce n'est pas une question de mauvaise volonté, c'est une question de formation. L'AMU — assistance à maîtrise d'usage — est la prestation qui comble cet écart, protège l'IDC genevois post-travaux, et donne au bâtiment les moyens de tenir son niveau de performance réel.

Dans ce dossier

Pourquoi les bâtiments performants déçoivent parfois

Un bâtiment neuf ou rénové à un niveau HPE, Minergie® ou passif est certifié sur la base d'un bilan énergétique théorique — un calcul qui intègre des hypothèses de comportement normalisées : température intérieure à 20 °C, occupation standard, protections solaires actionnées au bon moment, ventilation fonctionnant à son débit de conception. Ces hypothèses sont nécessaires au calcul ; elles ne décrivent pas toujours la réalité des occupants dans les premiers mois suivant la livraison.

L'écart entre la performance calculée et la performance mesurée — appelé performance gap dans la littérature internationale — est documenté sur de nombreux bâtiments européens performants. Sur des rénovations HPE, cet écart se situe couramment entre 15 et 40 % selon les études. Il ne signifie pas que le bâtiment a été mal construit : il reflète la rupture entre la conception et l'usage.

+15 à +40 %
écart consommation réelle / théorique observé sur des rénovations performantes sans accompagnement des occupants
1ère année
période critique — les habitudes d'usage et les réglages se fixent lors de la première saison de chauffe
VMC
bouches obturées, filtres non remplacés : la source de dérive la plus fréquente dans les immeubles avec VMC double flux
IDC > 125
kWh/m²·an (450 MJ/m²·an) : seuil d'audit obligatoire à Genève (REn art. 14) — un bâtiment rénové peut y remonter en 2–3 ans sans AMU

Les trois origines principales de la dérive

Source principale
VMC double flux mal utilisée
Bouches d'insufflation obturées (courant de froid ressenti), filtres non remplacés (perte de débit, bruit), by-pass manuel laissé ouvert en hiver. Résultat : renouvellement d'air insuffisant, condensation, moisissures — et parfois des dégâts qui engagent la responsabilité du propriétaire.
Source principale
Protections solaires non actionnées
Stores extérieurs ou volets motorisés non utilisés en période estivale : l'inertie thermique du bâtiment performant, justement dimensionnée pour compenser des apports solaires maîtrisés, est débordée. La surchauffe dégrade le confort d'été et peut conduire à des usages de climatisation non prévus au bilan énergétique.
Source fréquente
Régulations mal réglées en 1ère saison
Courbe de chauffe non ajustée aux nouvelles caractéristiques de l'enveloppe après rénovation, température de consigne trop élevée, programmation horaire non activée. Un degré de trop en température de chauffage représente environ 6–7 % de consommation supplémentaire.
Source fréquente
Comportements non adaptés au nouveau bâtiment
Fenêtres ouvertes en continu dans un bâtiment avec VMC (court-circuit de la ventilation mécanique), stores intérieurs confondus avec stores extérieurs (absence d'effet sur les apports solaires), appareils électroménagers énergivores laissés en veille dans des logements peu dissipateurs.
Le bâtiment ne ment pas. Quand la consommation réelle dépasse le calcul, c'est soit la mise en œuvre, soit l'usage — et souvent les deux. L'AMU agit sur ce que la construction ne peut pas régler seule.
En Suisse romande et France voisine : le même constat Les études Minergie (Suisse) et les retours d'expérience des premières maisons passives certifiées en France (dont la première en France, 2006, suivie par NRG positive) convergent : même avec une enveloppe excellente et des systèmes performants, l'occupant est un acteur déterminant. La SIA 382/1:2025 le reconnaît en intégrant la maintenance préventive des systèmes de ventilation comme condition de performance. Le Règlement Minergie 2026.1 impose un monitoring pour les bâtiments dépassant 1 000 m² SRE — une façon de rendre visible ce qui serait autrement invisible.

AMU vs AMO — qui fait quoi, à quel moment

Les deux acronymes se ressemblent, désignent des prestations proches dans leur esprit mais distinctes dans leur objet et leur temporalité. Les confondre conduit soit à des attentes mal posées, soit à des prestations commandées au mauvais moment — ou pas commandées du tout, faute d'en comprendre la valeur spécifique.

Dimension AMO — Assistance à Maîtrise d'Ouvrage AMU — Assistance à Maîtrise d'Usage
Moment Avant et pendant les travaux Après la livraison — pendant l'exploitation
Interlocuteur principal Le maître d'ouvrage (propriétaire, régie, coopérative) Les occupants (locataires, utilisateurs, gestionnaires techniques)
Objet Qualité de la conception, choix techniques, stratégie de subventions, pilotage du chantier, réception des travaux Formation aux équipements, réglages de la 1ʳᵉ saison, suivi des consommations, ajustement des régulations
Durée typique Toute la phase projet (6 mois à 3 ans) 1 à 2 ans après livraison
Résultat attendu Bâtiment construit selon les objectifs, certifications obtenues, dossiers de subventions finalisés Performance réelle = performance certifiée, IDC stable, occupants autonomes
Obligation légale (GE) AMO recommandée pour subventions Programme Bâtiments ; AMO/CECB obligatoire pour certaines aides cantonales Non obligatoire — mais conditionnement de facto de l'IDC post-travaux (REn art. 14)

L'AMO intervient en amont pour que le bâtiment soit bien construit ; l'AMU intervient en aval pour que le bâtiment bien construit soit bien utilisé. Les deux sont complémentaires et idéalement confiées au même prestataire — qui connaît ainsi le bâtiment dans toutes ses dimensions techniques.

Le cas particulier des coopératives et fondations immobilières Dans les fondations immobilières de droit public genevois (ex. Fondations HBM) et les coopératives de logement, le maître d'ouvrage est lui-même propriétaire à long terme et souvent gestionnaire : il cumule les rôles de mandant de l'AMO et de responsable de l'AMU. C'est une configuration favorable : la continuité des interlocuteurs facilite le transfert de connaissance entre la phase travaux et la phase exploitation. NRG positive a expérimenté cette configuration directement à Carouge 87 (26 appartements, 2021–2023) — le suivi post-livraison a permis de stabiliser durablement les usages dès la deuxième année d'exploitation.
Confier l'AMU au prestataire qui a assuré l'AMO n'est pas une redondance — c'est la garantie que celui qui accompagne les occupants connaît chaque détail de ce qu'il leur explique.

Ce que couvre une AMU — les cinq volets

Une AMU bien structurée ne se limite pas à une réunion d'information en début de bail. Elle couvre un cycle complet de 12 à 24 mois, articulé autour des saisons et des moments clés de la vie du bâtiment — mise en chauffe, été critique, bilan de première année, ajustements de régulation.

Volet 1 — Formation des occupants à la VMC
Comprendre pour ne pas contrarier ce qu'on ne comprend pas
Explication du principe de la VMC double flux (insufflation en zones de vie, extraction en zones humides), démonstration du fonctionnement des bouches, consignes sur ce qu'il ne faut pas obstruer et pourquoi. Information sur le remplacement des filtres (fréquence : selon constructeur, typiquement tous les 6 à 12 mois pour les filtres G4/F7 selon EN ISO 16890:2016), vérification du niveau sonore normal. Cette formation réduit de façon mesurable le nombre d'interventions techniques dans la première année.
Volet 2 — Protections solaires et confort d'été
Les stores extérieurs ne sont pas une option décorative
Formation aux protections solaires motorisées : chronologie d'utilisation (actionner avant que la pièce chauffe, pas après), distinction entre stores intérieurs (efficacité quasi nulle sur les apports solaires) et stores extérieurs ou volets (efficacité réelle). Présentation des scénarios automatiques si la gestion technique du bâtiment (GTB) pilote les protections. En France voisine, la RE2020 calcule les degrés-heures de surchauffe (DH ≤ 1 250 DH classe I) sur l'hypothèse que les protections sont actionnées — un occupant qui ne les utilise pas peut dépasser ce seuil de confort même dans un bâtiment bien conçu.
Volet 3 — Réglages de la 1ʳᵉ saison de chauffe
La courbe de chauffe doit être recalibrée après rénovation
La rénovation de l'enveloppe réduit le besoin de chaleur — la courbe de chauffe réglée pour l'ancien bâtiment (200 kWh/m²·an / 720 MJ/m²·an d'IDC) est surdimensionnée pour le nouveau (objectif < 80–100 kWh/m²·an, soit 288–360 MJ/m²·an). Un recalibrage s'impose lors de la 1ère mise en chauffe : pente de courbe, température de départ (REn art. 12I al. 3 : ≤ 50 °C à température de dimensionnement), décalage d'heure, réglage des horloges et des températures de consigne. Chaque degré Celsius de consigne inutile représente 6–7 % de consommation supplémentaire sur le chauffage.
Volet 4 — Suivi mensuel des consommations
Détecter la dérive avant qu'elle s'installe
Lecture mensuelle des compteurs (énergie, eau chaude, éventuellement électricité des parties communes), correction climatique par rapport aux degrés-jours de référence (à Genève : station Cointrin), recalcul de l'IDC tendanciel. Si la tendance s'écarte de plus de 10–15 % de la trajectoire prévue, une intervention de diagnostic est déclenchée avant que la dérive se consolide. Ce suivi nourrit également le rapport de monitoring Minergie requis pour les bâtiments > 1 000 m² SRE (règlement Minergie 2026.1).
Volet 5 — Ajustement des régulations à 12 mois
La première année complète comme données de réglage définitif
Après un cycle complet (4 saisons), les données de consommation réelle permettent un réglage fin et définitif : courbe de chauffe validée sur données réelles, réglages VMC ajustés (débit, pression statique, récupérateur), vérification de l'efficacité des protections solaires sur les courbes de température intérieure. Ce volet produit un rapport de clôture AMU remis au maître d'ouvrage avec les réglages finaux documentés — base de référence pour tout futur intervenant.
AMU et certification HPE / Minergie® : une synergie documentée Le maintien de la certification HPE (LEn art. 15 al. 1 · REn art. 12B) et du label Minergie® dans le temps n'est pas automatique — il suppose que les conditions ayant permis la certification soient maintenues en exploitation. Le suivi de consommation de l'AMU constitue la preuve documentée que le bâtiment fonctionne conformément à son niveau certifié. En cas de contrôle ou de revente, ce dossier de suivi a une valeur directe. Il protège aussi le bonus COS de la LCI art. 59 (+2,5 % pour HPE, +5 % pour THPE) qui conditionne parfois la valorisation du foncier.

Cas type : immeuble locatif rénové à Genève, locataires et VMC double flux

L'immeuble type illustrant la valeur de l'AMU est un immeuble de logements locatifs de 15 à 30 appartements, construit entre 1950 et 1975, rénové au niveau HPE avec isolation par l'extérieur, remplacement des menuiseries et installation d'une VMC double flux collective ou par appartement. Les locataires ont changé en cours ou après les travaux — ils n'ont pas vécu la rénovation et découvrent un bâtiment qu'ils n'ont pas choisi et dont ils ne connaissent pas le fonctionnement.

Scénario sans AMU — les 18 premiers mois

Mois 1–3 — Inconfort perçu
Courant d'air ressenti aux bouches d'insufflation
Les locataires ressentent un courant d'air au niveau des bouches d'insufflation (air à 18–20 °C insufflé en hiver dans une pièce à 22 °C). Sans explication, la réaction naturelle est d'obstruer la bouche avec du scotch, une serviette ou un cache. Un tiers à la moitié des logements font cela dans les premiers mois, selon les retours de terrain.
Mois 4–8 — Dégradation silencieuse
Filtres non remplacés, débit réduit, humidité qui monte
Les filtres G4/F7 de la VMC se colmatent sans que personne ne les remplace — le gestionnaire de l'immeuble attend peut-être un bon de travaux, le locataire ne sait pas que c'est de sa responsabilité. Le débit d'air diminue, la concentration en CO₂ augmente, l'humidité relative dans les pièces humides grimpe. Les premières traces d'humidité commencent à apparaître dans les salles de bain et cuisines.
Mois 9–12 — Surchauffe estivale et plaintes
Stores extérieurs non utilisés, chaleur perçue comme un défaut
L'été suivant, les locataires ne savent pas que les stores extérieurs motorisés sont la protection thermique principale du bâtiment. Ils les gardent relevés (lumière naturelle) ou ne les connaissent pas. L'immeuble surchauffe — pas parce qu'il est mal conçu, mais parce que la conception n'a pas été expliquée. Les plaintes au propriétaire portent sur la chaleur et sur l'humidité — deux problèmes qui auraient pu être évités.
Mois 12–18 — Dérive de l'IDC
Consommation réelle 25–35 % au-dessus du calcul
La VMC partiellement obstruée, les fenêtres ouvertes pour compenser l'inconfort, la courbe de chauffe non recalibrée : l'IDC tendanciel remonte. Sur un bâtiment rénové à 80 kWh/m²·an (288 MJ/m²·an) théoriques, on se retrouve à 105–115 kWh/m²·an (378–414 MJ/m²·an) réels. Ce n'est pas encore le seuil des 125 kWh/m²·an (450 MJ/m²·an ; REn art. 14) — mais la trajectoire y mène si rien n'est fait.

Le même scénario avec AMU

Lors de la réunion d'entrée en vigueur de l'AMU (avant ou au moment de la remise des clés), chaque locataire reçoit une explication en 30 minutes sur les trois points critiques : fonctionnement de la VMC, utilisation des protections solaires, réglage du thermostat. Les bouches de VMC ne sont pas obstruées parce que leur fonctionnement a été expliqué. Les filtres sont remplacés au bon moment parce que la régie a intégré cette tâche dans son calendrier de maintenance, avec la prestataire AMU comme référence.

Le premier hiver, la courbe de chauffe est recalibrée avec le technicien de la chaufferie — gain immédiat de 8–12 % sur la consommation de chauffage. Au mois de mai, avant la saison estivale, la prestataire AMU envoie un rappel sur les stores à la régie, qui répercute l'information aux locataires. L'été passe sans plainte de surchauffe significative. À 12 mois, l'IDC réel se situe à 75–85 kWh/m²·an (270–306 MJ/m²·an) — dans la fourchette certifiée, bien sous le seuil de 125 kWh/m²·an (450 MJ/m²·an).

La responsabilité de la régie dans la chaîne AMU La régie n'est pas la prestataire AMU — mais elle est le relais indispensable entre la prestataire AMU et les locataires. C'est elle qui communique les informations aux locataires, qui gère les interventions de maintenance VMC, qui remonte les signaux d'anomalie (plaintes, relevés de compteurs). Une AMU efficace suppose une régie pro-active et informée. NRG positive inclut systématiquement un volet formation de la régie dans ses prestations AMU — pour que la régie comprenne ce qu'elle pilote et devienne elle-même un relais compétent.

AMU et IDC genevois : maintenir l'indice sous le seuil après les travaux

À Genève, l'IDC — Indice de Dépense de Chaleur est calculé sur les consommations réelles transmises à l'OCEN chaque année par SIG. Ce n'est pas un calcul théorique — c'est la consommation mesurée aux compteurs, corrigée des conditions climatiques (degrés-jours de référence, station Cointrin). Un bâtiment rénové qui dérive en exploitation voit son IDC réel remonter — et peut retomber sous les obligations légales (REn art. 14) malgré les travaux réalisés.

Situation post-travaux IDC réel tendanciel Conséquence REn art. 14
Bâtiment rénové HPE avec AMU — usage conforme < 80–100 kWh/m²·an (288–360 MJ/m²·an) Aucune obligation — IDC bien sous seuil d'audit
Bâtiment rénové HPE sans AMU — dérive modérée (15–20 %) 95–120 kWh/m²·an (342–432 MJ/m²·an) Zone de vigilance — proche du seuil d'audit 125 kWh/m²·an
Bâtiment rénové HPE sans AMU — dérive importante (30–40 %) > 125 kWh/m²·an (450 MJ/m²·an) Audit obligatoire (REn art. 14) — et obligation de proposer des mesures dans les 12 mois
Bâtiment rénové HPE sans AMU — dérive majeure sur plusieurs années > 153–180 kWh/m²·an (551–648 MJ/m²·an) Travaux imposés sous 36 mois (seuils 2027–2031) — malgré une rénovation récente

Seuils IDC : REn art. 14 (L 2 30.01), valeurs vérifiées au 12 juin 2026. La correction climatique lisse les variations interannuelles — une dérive de comportement persistante ne peut pas être masquée par un hiver clément.

Le paradoxe du bâtiment deux fois rénové

Un propriétaire qui a investi 400 000 à 800 000 CHF dans une rénovation HPE pour sortir son bâtiment des obligations IDC peut se retrouver, 3 à 5 ans plus tard, à nouveau sous obligations légales — non pas parce que la rénovation était mauvaise, mais parce que l'exploitation a dérivé. Le coût administratif, les délais et le risque de pénalités se rajoutent alors à l'inconfort de devoir expliquer ce paradoxe au propriétaire. L'AMU est une assurance contre ce scénario — à un coût sans commune mesure avec celui d'une nouvelle procédure OCEN.

Suisse romande hors Genève Vaud, Valais, Fribourg et Neuchâtel n'ont pas d'équivalent direct de l'IDC genevois (mesure de consommation réelle avec seuils légaux). Mais le CECB est obligatoire pour les transactions immobilières et les demandes d'aides (Programme Bâtiments fédéral). Un bâtiment dont les consommations réelles dérivent voit sa valeur CECB théorique devenir trompeuse — avec un risque de contentieux en cas de vente. L'AMU protège la cohérence entre le CECB affiché et la consommation mesurée.
France voisine (Ain, Haute-Savoie) En France, le DPE est calculé théoriquement (méthode 3CL-2021) — pas sur les consommations réelles. Mais depuis le 30/09/2025, la rénovation d'ampleur MaPrimeRénov' est conditionnée à un logement classé E, F ou G, avec un gain minimum de 2 classes. Si l'usage dégrade les performances réelles au point que le prochain DPE revient en classe D, c'est l'éligibilité aux aides qui est remise en cause. L'AMU protège la trajectoire de performance.

Coût / bénéfice d'une AMU sur 2 ans

L'AMU est une prestation courte en durée et modeste en coût comparée aux travaux qu'elle protège. Voici l'ordre de grandeur pour un immeuble locatif genevois type de 15 à 25 appartements, rénové HPE + Minergie® Rénovation.

4 000–8 000
CHF : coût indicatif AMU NRG positive sur 24 mois pour un immeuble de 15–25 logements (formation, réglages, suivi mensuel, rapport de clôture)
+20 kWh/m²·an
(+72 MJ/m²·an) dérive typique évitée sur 2 ans dans un immeuble sans AMU — sur 1 500 m² SRE : +30 MWh/an
3 500–4 500
CHF/an : coût de la dérive évitée (30 MWh × 0,12–0,15 CHF/kWh gaz ou CAD à Genève) — l'AMU se rembourse en moins d'un an
0
courrier OCEN en 5 ans : résultat attendu sur un immeuble avec AMU correctement conduite — l'objectif est de ne pas y retourner

Ce que le calcul ne capte pas

Le calcul coût/bénéfice direct ne rend pas compte de trois valeurs difficiles à chiffrer mais réelles. La première est la valeur de la certification HPE ou Minergie® maintenue dans le temps : un bâtiment certifié dont les consommations réelles suivent les promesses du certificat a une valeur de revente et une image locative supérieure à un bâtiment certifié-mais-déviant. La deuxième est la réduction des interventions techniques en 1ʳᵉ et 2ᵉ année : moins de déplacements VMC, moins de plaintes surchauffe, moins de dégâts humidité — ce qui réduit la charge de travail de la régie et les coûts d'entretien. La troisième est la qualité de la relation avec les locataires : un locataire informé et formé se plaint moins, signale plus tôt les anomalies et entretient mieux son logement.

Exemple terrain : Carouge 87, Genève (2021–2023) 26 appartements, 1er chantier zéro déchet du canton de Genève (LCI art. 117 en anticipation). Suivi AMU intégré à la prestation NRG positive : formation des locataires à l'usage de la ventilation, recalibrage de la courbe de chauffe en 1ère saison, suivi mensuel des consommations. Résultat à 24 mois : aucune plainte de surchauffe estivale la 2ᵉ année, zéro intervention de ventilation non programmée.

Ce que demandent les régies et les coopératives

L'AMU est-elle obligatoire à Genève ?

Non — aucun texte légal genevois n'impose une prestation dénommée « AMU ». En revanche, le propriétaire reste responsable du maintien de l'IDC sous les seuils légaux (REn art. 14) quel que soit le niveau de performance certifiée de son bâtiment. Si la dérive de l'usage ramène l'IDC au-dessus de 125 kWh/m²·an (450 MJ/m²·an), l'OCEN adresse un nouveau courrier et les obligations légales s'appliquent — indépendamment des travaux réalisés. L'AMU est donc l'outil pratique qui permet de tenir l'obligation réglementaire, même si elle n'est pas nommée dans le texte.

Qui paye l'AMU — le propriétaire ou le locataire ?

L'AMU est à la charge du propriétaire — c'est une prestation d'expertise et de suivi technique liée à l'exploitation du bâtiment, au même titre que la maintenance de la VMC ou le suivi énergétique. Elle peut être intégrée dans le budget d'entretien de l'immeuble. En revanche, la formation des locataires fait partie du contenu de l'AMU et leur bénéficie directement : confort amélioré, charges potentiellement réduites, moindre risque de dégâts (condensation, moisissures).

Comment s'articule l'AMU avec le monitoring Minergie ?

Le règlement Minergie 2026.1 impose un monitoring pour les bâtiments dont la SRE dépasse 1 000 m². Ce monitoring consiste en un relevé et un reporting annuel des consommations, transmis à l'Association Minergie. L'AMU NRG positive intègre ce volet : le suivi mensuel des consommations constitue la base de données du rapport de monitoring annuel. Les deux obligations (maintien IDC genevois et monitoring Minergie) sont ainsi satisfaites par une seule prestation, sans double travail.

Peut-on déclencher une AMU sur un bâtiment déjà livré depuis 2–3 ans ?

Oui — et c'est souvent l'occasion d'une « AMU de rattrapage » sur un immeuble rénové dont l'IDC tend à remonter sans qu'on en comprenne la cause. Le diagnostic de départ est légèrement plus long (audit de l'état actuel des réglages, inspection VMC, bilan de consommation corrigé sur 2–3 ans), mais la prestation reste pertinente et permet généralement une amélioration rapide : les problèmes de réglage et d'usage sont rarement profonds — ils sont surtout non traités.

L'AMU est-elle adaptée aux coopératives où les occupants sont aussi copropriétaires ?

Oui — et souvent avec de meilleurs résultats. Les occupants-copropriétaires ont un intérêt direct et tangible à ce que le bâtiment fonctionne bien : leurs charges collectives, la valeur de leur part sociale et la qualité de leur logement en dépendent directement. La formation AMU en contexte coopératif peut être plus approfondie et les décisions de maintenance (remplacement de filtres, réglage du chauffage) sont prises plus rapidement parce que les interlocuteurs sont à la fois bénéficiaires et décideurs.

Comment l'AMU s'intègre-t-elle dans le mandat de la régie ?

La régie n'est pas remplacée par la prestataire AMU — elle est renforcée. L'AMU fournit à la régie le contenu technique (réglages, calendriers de maintenance, seuils d'alerte), que la régie intègre dans ses procédures de gestion courante. En pratique : la régie reçoit un tableau de bord mensuel des consommations avec un indicateur de dérive, un calendrier de maintenance VMC intégré à son planning, et un contact direct pour les questions techniques de niveau 2 (au-delà de la maintenance courante). La régie reste l'interlocuteur principal des locataires — l'AMU est son expert technique de référence sur la performance énergétique du bâtiment.

À quel moment du projet faut-il intégrer l'AMU dans le budget ?

Idéalement dès la phase AMO — c'est-à-dire avant ou pendant les travaux. Intégrer l'AMU dans le budget global de la rénovation permet de la financer simplement, de planifier la formation des locataires dès l'entrée dans les lieux et d'assurer une continuité entre la phase chantier et la phase exploitation. Un AMO qui assure aussi l'AMU peut transmettre directement son connaissance du bâtiment sans phase de reprise. Contacter NRG positive en amont pour dimensionner la prestation selon les caractéristiques de votre immeuble : taille, niveau de performance, type de VMC, présence d'une GTB. Parler de votre projet →

Première saison de chauffe dans votre bâtiment rénové ?

Prestation AMU NRG positive : formation des occupants, réglages 1ʳᵉ saison, suivi IDC genevois sur 12 à 24 mois, rapport de clôture. Pour les immeubles locatifs, coopératives et fondations immobilières à Genève et en Suisse romande.

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